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Stéphane Couture : Université de Montréal
Cette communication abordera une note de recherche que j'ai réalisée en 2013 avec l'Institut de
recherche et d'informations socio-économiques (IRIS). Intitulée « Logiciels libres : réduction des coûts
et souveraineté numérique », La note avait pour objectif de présenter le concept des logiciels libres et
leur modèle de développement, pour ensuite proposer une première évaluation des bénéfices de leur
adoption pour le gouvernement du Québec. La recherche s'appuyait principalement sur les écrits
scientifiques et les comptes rendus d'expériences existantes, ainsi que certaines analyses réalisées au
Québec concernant le passage de certaines administrations publiques vers les logiciels libres. Deux
arguments principaux étaient soulevés : les économies potentielles que pourrait réaliser le
gouvernement du Québec en optant pour les logiciels libres, du moins dans certains secteurs, ainsi que
l'affirmation de sa « souveraineté numérique », notamment en réduisant sa dépendance envers des
grandes entreprises étrangères.
La communication présentera les grandes lignes de cette note de recherche, fera un retour sur la
démarche qui lui était sous-jacente et discutera de ses limites.
Le Québec fait face à des défis budgétaires et sociaux majeurs (dette publique importante, pyramide démographique « inversée », explosion des coûts sociaux et de santé, renouvellement de la main-d’œuvre et risque de perte d’expertise qui en découle). Le gouvernement du Québec, comme d’autres administrations publiques dans le monde, veut économiser. Il cherche à transformer ses façons de faire et à dégager une marge de manœuvre. C’est dans ce contexte qu’une nouvelle possibilité semble se présenter : passer à l’utilisation des logiciels libres (open source) et ainsi récolter des avantages directs (coûts moindres) et indirects (adhésion aux standards ouverts, etc.).
Le 21 septembre 2013, Le Soleil titrait : « Logiciel libre : Québec aurait pu économiser 265 millions $ ». En fait, on avançait que si on remplaçait tous les logiciels propriétaires par leur équivalent « libre », on aurait économisé 265 millions de dollars en licences. À cela, on ajoutait que « l’usage des logiciels libres permettrait de briser le cercle de dépendance vis-à-vis des technologies propriétaires, […] de dynamiser le secteur informatique au Québec et de recréer une expertise interne au gouvernement dans ce domaine. » Tous ces avantages sont alléchants, mais certains soutiennent que le logiciel libre est souvent moins mature, performant, fiable, etc. D’autres affirment que les économies sur les coûts des licences sont annulées par ceux de la main-d’œuvre. D'autres encore apportent des arguments positifs (disponibilité du code source, possibilité d’adapter le logiciel) ou négatifs (lourdeur des applications, pertes de productivité des usagers, etc.).
L’objectif de ce colloque est de réunir des personnes concernées et intéressées par le processus d’intégration des logiciels libres dans les systèmes d’information et les processus gouvernementaux afin de partager leurs connaissances et leurs résultats de recherches, et de discuter des principaux champs de recherche à développer dans ce secteur aux niveaux micro, méso ou macro. En effet, il nous semble capital d’avoir une vision élargie de cette intégration du logiciel libre. C’est aussi pour cette raison que les propositions relatives à l’adoption du logiciel libre dans l’entreprise privée (qui pourraient inspirer le domaine public) seront considérées.
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