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Cette communication se fonde sur le postulat suivant : en écrivant Tlön Uqbar Orbis Tertius, Borges, comme dans toutes ses fables dotées d'un étrange pouvoir anachronique, n'a pas tant décrit les processus insidieux des totalitarismes de son temps que ceux du nôtre, où l'invasion phraséologique, irrésistible, prend la forme d'une conversion de tous les problèmes en rhétorique économique. A travers un vagabondage dans les fictions de l'écrivain argentin (et au premier chef sa fable tlönienne sur la fabrication de mondes artificiels), je m'efforcerai donc de saisir la « résistance » propre à l'essai littéraire, aujourd'hui, sous l'angle de ce que Musil appelait le « sens du possible ».
À l’heure où la recherche-création en lettres attire de plus en plus d’étudiants universitaires, ce colloque vise à questionner les tensions ou la fertilité des rapports entre la création littéraire, la réflexion intellectuelle et l’enseignement et, de façon plus large, à s’interroger sur la situation politique de l’écrivain, ébranlée par une dévalorisation de la culture et du rôle des humanités au sein de l’université. Comment l’écrivain professeur ou chercheur parvient-il à concilier écriture, enseignement et réflexion? Comment se met en œuvre la résistance de l’écriture au sein de l’institution et du politique aujourd'hui? Comment trouver la chambre à soi qui permet la création? Quelles sont les pratiques qui parviennent à mettre en place une « recherche-création » vivante? En particulier, comment s’articulent les pratiques actuelles de l’essai littéraire (essais, carnets, blogues, etc.)? Pourraient-elles parvenir à la périlleuse conciliation entre vie, réflexion et création? Parviendraient-elles à maintenir la création, et sa liberté, en initiant une pratique qui conjugue imagination et pensée?
Titre du colloque :