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Sur le devoir des professionnels de la santé de défendre les droits des patients vulnérables

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Marie-Josée Drolet : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

De nos jours, plusieurs associations et ordres professionnels intègrent dans les référentiels de compétences qu'ils développent des compétences relatives à l'advocacy, c'est-à-dire au fait pour les professionnels de la santé de défendre les droits des patients, notamment les droits des patients vulnérables (ACE, 2012; APC, 2006; CanMEDS, 2005; CAPUC-ASLP, 2011). Or une polémique entourant ce rôle a cours dans les écrits (Drolet et Hudon, 2014). Des chercheurs de divers domaines de la santé questionnent la nature, l'étendue, le fondement et les applications possibles de ce rôle, voire de ce devoir (Abrams, 1978; Bird, 1994; Bradley et al., 2012; Curtin, 1979; Gadow, 1980; Kohnke, 1982; Mallik, 1997; Mason, 2003; Mattson, 2010; Nedjat-Haiem, 2013; Porter, 1988; Sullivan et Main, 2007; Vaartio & Leino-Kilpi, 2005; Wright, 2005; Zion, 2013). Le but de cette communication est de faire la lumière sur ce débat, en précisant les arguments qui remettent en question ce rôle et ceux qui, au contraire, le soutiennent. Ce faisant, une vision possible de la nature, de l'étendue et du fondement de ce devoir, inhérent à la pratique des professionnels de la santé, sera proposée et des exemples d'applications de cette responsabilité éthique, dans le domaine de l'ergothérapie, seront articulés (Drolet, 2014). Aussi, un outil récent, visant à soutenir les professionnels de la santé à remplir ce devoir avec plus d'aisance et d'efficacité, sera présenté (Drolet, Lalancette et Caty, sous presse).

Résumé du colloque

La vulnérabilité est le fait, pour un être, d’être plus exposé qu’un autre à un mal et moins capable de s’en protéger en raison de sa nature ou de facteurs contextuels ou structurels. En éthique, la vulnérabilité est d’abord un fait ontologique universellement partagé qui tient dans la fragilité et la finitude de la condition humaine (Nussbaum). Pour cette raison, elle est au principe même de la société moderne et de l’État de droit. Elle renvoie également à un trait caractéristique de groupes particuliers méritant une protection spéciale.

C’est en réponse aux insuffisances de la pensée morale déontologique et utilitariste que semble avoir émergé, depuis les dernières décennies, le concept de vulnérabilité en éthique. Un « principe de vulnérabilité » serait au fondement de l’éthique, prescrivant « le respect, le souci et la protection d’autrui et du vivant en général, sur la base du constat universel de la fragilité, de la finitude et de la moralité des êtres » (Nouvelle encyclopédie de bioéthique). D’abord réapproprié par le philosophe conséquentialiste Robert Goodin dans Protecting the Vulnerable au milieu des années 1980, ce concept est désormais au cœur de réflexions en éthique du care, en théorie juridique féministe, en théorie politique et en éthique de l’environnement.

Quel sens devrait-on donner au concept de « vulnérabilité » si l’on veut maximiser son pouvoir normatif? En quoi une éthique de la vulnérabilité enrichit-elle les réflexions morales et politiques jusqu’ici définies en termes de justice et de droits? Peut-elle s’étendre à d’autres champs de l’éthique pour lesquels elle n’a pas été pensée? Quelles sont les limites de son pouvoir explicatif et, surtout, normatif? Ce colloque autour des usages théoriques et pratiques de la notion de vulnérabilité se déploie en quatre axes : éthique des relations de soins et de l’intervention, vulnérabilité des organisations, vulnérabilité des milieux physiques et humains, et rapports Nord-Sud.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 25 mai 2015

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