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Sergio BARBOSA DE CERQUEDA : Universidade Federal do Sul da Bahia
Belém, île de Marajó, le Minas Gerais, Uberaba, Rio de Janeiro, Salvador da Bahia de Todos os Santos, São Paulo sont des noms propres présents dans Le messie de Belém (1996), roman qui compose le premier volet d'une cartographie imaginaire sur le Brésil dans l'œuvre de l'écrivain québécois Pierre Samson, complétée plus tard avec Un garçon de compagnie (1997) et Il était une fois une ville (1999). Dans ces romans, le Brésil devient un endroit mythique où la dérision gouverne le destin des personnages plongés dans le désir, le remords, la passion, la beauté, l'amour, la trahison, le désespoir, et surtout, dans la violence. Ayant comme point de départ la présentation de sa "trilogie sud-américaine" (Guy Poirier) et la réflexion sur une pratique romanesque qui défend que la structure d'un roman doit être définie par le lieu des actions, comme si le lieu avait une capacité de manipuler le destin des hommes et de guider le récit littéraire, notre présentation souhaite également mieux comprendre les paroles de Samson quand il nous affirme que "l'écriture du roman doit être un exercice périlleux. Écrire un roman, c'est être prêt à déplaire, j'irai même jusqu'à dire que c'est le but de l'exercice". Les lieux d'un Brésil imaginaire/imaginé se matérialisent ainsi dans un récit brisé, rempli de ruptures, et le pays devient l'endroit idéal capable de déclencher une tragédie tropicale où tous sont condamnés dès le départ, y inclus le lecteur.
Ce colloque explore les relations littéraires interaméricaines à partir d’une perspective comparatiste entre le Québec et le Brésil, centrée sur des approches théoriques des représentations littéraires de l’espace.
Il s’agit d’interroger les relations entre expérience, perception et écriture de l’espace pour mieux dégager les stratégies d’investissement symbolique auxquelles les productions littéraires québécoises et brésiliennes ont recours. Le corpus pourra également intégrer des productions cinématographiques. L’analyse de la figuration spatiale permettra d’identifier l’imaginaire des grands espaces (l’Amazonie brésilienne, le Nord québécois et le Sertão brésilien) ainsi que celui d’espaces urbains (micro-espaces carcéraux, favelas, quartiers délabrés) ou frontaliers (réserves autochtones au Québec et au Brésil).
L’examen des processus de (re)signification des espaces de référence dans le discours fictionnel repose sur différentes approches critiques de la représentation de l’espace qui produisent des champs discursifs et des concepts spécifiques dont le colloque cherchera à examiner la portée théorique. Pour ce faire, la réflexion s’organisera autour de trois principaux axes qui explorent les relations entre la littérature et la géographie :
1) Perspective géopoétique qui privilégie la mise en scène de trajectoires erratiques et s’appuie sur une grammaire du cosmos et sur des figurations d’espaces illimités;
2) Perspective géocritique qui explore les rapports entre « géographie du réel » et « géographie de l’imaginaire »;
3) Perspective du « braconnage » qui part de la notion d’habitabilité psychique pour cerner les paysages de la subjectivité dans des territoires précaires ainsi que les tactiques subversives d’appropriation du lieu.
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