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Normand Mousseau : Université de Montréal
La donne énergétique mondiale a changé de manière considérable depuis une dizaine d'années affectant l'ensemble des économies de la planète, incluant le Canada et le Québec. Peut-on, dans ce contexte, perpétuer nos façons de faire? Doit-on suivre les orientations des autres juridictions?
Que sauvegarder du modèle historique québécois? Ces questions devraient être au cœur de la réflexion menée par le gouvernement du Québec dans le cadre des travaux visant à présenter une nouvelle politique énergétique d'ici la fin de 2015. En m'appuyant sur le rapport de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec, sur les documents préparés dans le cadre de la nouvelle réflexion et les discussions de tables d'experts organisées au début de cette année, je tenterai d'offrir ma propre réponse à ces questions et de présenter une vision intégrée de ce que devrait contenir la prochaine politique énergétique du Québec.
Le Québec est entré dans une période d’évaluation et de redéfinition de sa politique énergétique. À cet égard, divers enjeux confrontent la société québécoise ou devraient être pris en compte : les besoins en énergie, l’importance des changements climatiques en cours à l’échelle mondiale, la volonté de s’inscrire dans une perspective de développement durable et territorialisé, l’intérêt de continuer à développer les ressources énergétiques renouvelables et à quelles conditions, et la pertinence ou non d’amorcer l’exploitation des ressources pétrolières maintenant.
L’élaboration d’une politique énergétique concernant les ressources et leur usage est complexe. Elle s’appuie sur la mise en relation de plusieurs variables, dont le contexte national dans lequel elle se déploie, les influences extérieures (supranationales), la dynamique des acteurs sociaux prévalant dans la société, les choix stratégiques à effectuer par l’État concernant les mécanismes financiers à utiliser pour optimiser le développement de ces ressources énergétiques, de même que les lois et règlements à mettre en place pour baliser ce développement. Une politique énergétique fait aussi appel à la dimension de l’acceptabilité sociale.
Nous proposons donc trois angles d’approche de la thématique du colloque :
1) Politique énergétique, choix stratégiques et ressources énergétiques : les composantes d’une politique énergétique
Comment ces politiques évoluent-elles dans le temps? Quels seraient les choix stratégiques à faire pour l’avenir du Québec?
2) Porteurs de projets énergétiques et acceptabilité sociale : un développement des ressources par le privé, par l’économie sociale ou par l’État?
Plus spécifiquement, quelle pourrait être la place des projets coopératifs et communautaires? La relation des porteurs de projets avec les mouvements sociaux et/ou l’acceptation des projets à l’échelle locale?
3) Politique énergétique et développement durable des territoires
Comment articuler le développement économique des territoires (par leurs ressources énergétiques) et la prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux que soulève ce développement? Quels sont le rôle et la place des entreprises collectives dans ce développement? Comment répartir la richesse produite, et les territoires pourraient-ils capter directement une partie de cette richesse? Quelles seraient les voies possibles en termes de transition écologique?
Thème du colloque :