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Anne-Marie Gagné-Julien : UQAM - Université du Québec à Montréal
S'il est vrai que la compétition joue un rôle prédominant dans la conception darwinienne des interactions entre organismes, il n'en demeure pas moins que Darwin (1859) reconnaît l'existence de phénomènes de coopération intraspécifique. Cependant, Darwin pose également la compétition comme plus sévère entre les membres d'une même espèce ou d'espèces semblables, étant donné qu'ils dépendent des mêmes ressources pour survivre. L'ombre d'un paradoxe semble déjà se dessiner dans la mesure où la sévérité de la compétition au sein d'une même espèce paraît contredire le fait selon lequel certaines espèces vivent en association et coopèrent. Bien que Darwin n'ait jamais théorisé explicitement cette tension entre coopération et compétition intraspécifique, il en discute tout de même certains aspects qui lui semblent problématiques. Nombre de commentateurs ont interprété les passages où Darwintraite cette tension comme une manifestation de la présence d'un concept embryonnaire de sélection de groupe. En effet, selon cette interprétation, Darwin admettrait que certains traits et instincts coopératifs ne peuvent être expliqués dans un cadre purement individualiste, et ferait appel à une sélection agissant sur les groupes. Nous proposons donc d'examiner cette thèse selon laquelle Darwin abandonnerait l'individu comme point focal de la sélection naturelle pour privilégier le groupe dans le but de résoudre cette tension entre compétition et coopération.
L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.
Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.
Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.
Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.
Thème du colloque :