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Pierre Rouxel : Cégep de Sept-Îles
Le Groupe de recherche sur l'écriture nord-côtière (GRÉNOC) est né en 2005 d'une démarche concertée avec les sociétés historiques de la région, particulièrement celles de Baie-Comeau et de Sept-Îles. Les précurseurs de ce groupe de recherche sont ceux dont les écrits ont donné vie à la Côte comme objet d'étude, notamment par le biais des Cahiers d'histoire, de la Revue d'histoire de la Côte-Nord, mais surtout de la publication en 1971 de La Côte-Nord dans la littérature. Anthologie, de Mgr René Bélanger–, ce dernier étant en quelque sorte le véritable précurseur du GRÉNOC.
La pertinence du GRÉNOC se justifie surtout par l'existence d'un corpus nord-côtier imposant, divers, complexe et riche des récits de trois cultures : innue, française et anglaise. De l'oralité montagnaise à Jacques Cartier, en passant par les écritures les plus récentes des jeunes Innus, ce corpus est animé par des gens méconnus ou plus connus venus d'ailleurs, et bientôt par les Nord-Côtiers eux-mêmes. La revue Littoral rend compte chaque année des travaux du GRÉNOC et donne vie à cette écriture nord-côtière, qui prend peu à peu la forme d'un concept unifiant, riche de problématiques et de perspectives. C'est de ce concept que nous souhaitons rendre compte ici, notamment de sa genèse et de son moteur, en faisant valoir que l'étude de l'écriture d'une région permet d'enrichir sa connaissance historique– et plus largement, celle du corpus québécois.
Souvent négligée, l’histoire régionale constitue pourtant une pratique essentielle et intrinsèquement liée à la construction d’une histoire dite « nationale ». En marge du débat entre la petite et la grande histoire, la pratique de l’histoire régionale en tant que telle demeure somme toute assez mal définie, à la fois dans ses finalités, ses paramètres d’analyse et ses pratiques concrètes. Entre le récit des figures et événements du local, l’explication de l’origine des toponymes, la mise en forme des témoignages ethnographiques, la publication de fonds d’archives inédits et les démarches de patrimonialisation, l’histoire régionale reste un objet multiforme. Obéissant à des règles méthodologiques et épistémologiques qui lui sont propres, elle n’en participe pas moins à définir une culture historique publique et à orienter les enquêtes produites dans un cadre proprement universitaire.
Le colloque suggéré propose ainsi de faire un état des lieux de cette pratique d’histoire régionale, notamment par la mise en relief de la variété des pratiques et de ses objets. Les propositions de communications pourront s’insérer à l’intérieur de l’un des axes suivants :
La construction d’une histoire locale et régionale : ses fondements, ses fonctions identitaires d’hier à aujourd’hui.
Les artisans de l’histoire régionale : les acteurs privés (chercheurs autodidactes, universitaires et professionnels) et institutionnels (institutions publiques, organismes communautaires et culturels), les collaborations, la variété des perspectives disciplinaires mises à contribution (géographie, ethnologie, histoire, archéologie, archivistique, etc.).
Les matériaux de l’histoire régionale : les objets; les types de sources dépouillés ou à investir dans le futur.
La production de l’histoire régionale : la variété des échelles et les thèmes de prédilection; le rôle structurant du patrimoine; les pratiques de rédaction et les enjeux liés à la diffusion; les travaux marquants des dernières décennies.
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