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Jan Warnke : Université Laval
Cette communication se base sur l'analyse de 730 caractéristiques de la communauté dont la première langue officielle parlée est l'anglais (PLOP) (Enquête nationale auprès des ménages, 2011). Les caractéristiques de la population sont présentées sous forme de chiffres, de proportions et d'indices comparatifs entre la population minoritaire d'expression anglaise et la population majoritaire d'expression française, et sous forme de cartes thématiques. Selon le dernier recensement, la minorité québécoise « PLOP » compte près d'un million de personnes (1 058 250), soit 13,5 % de la population totale du Québec. Cependant, la majorité (80 %) réside dans la région métropolitaine de Montréal et le reste (20 %) est géographiquement dispersé dans des zones de différentes tailles à travers le Québec. Les minorités visibles constituent 28 % de la population d'expression anglaise, mais seulement 7,8 % de la population d'expression française, et 1,7 % des anglophones travaillent dans les arts contre seulement 1 % des francophones. Non seulement les petites communautés d'expression anglaise doivent-elles faire face aux défis de l'isolement dans leurs efforts quotidiens pour maintenir leur qualité de vie par l'accès aux services, mais leur vitalité et leur développement sont davantage compromis par les disparités saisissantes qui marquent leur composition (notamment en termes d'emploi, de revenu, d'âge, d'appartenance à une minorité visible et de profession).
Les anglophones du Québec, malgré une langue commune, sont divisés en de nombreuses communautés et sous-groupes. Identifier les caractéristiques de ces diverses communautés d’expression anglaise représente alors un défi pour la recherche et l’action publique. En effet, les marqueurs identitaires liés à la langue s’accompagnent souvent d’autres marqueurs parfois plus significatifs pour les individus. Ces marqueurs peuvent être liés au sentiment d’appartenance à un groupe culturel (p. ex. : Irlandais, Pakistanais, Premières Nations, etc.), à une confession religieuse (p. ex. : juive, chrétienne, etc.) ou à un territoire (Montréal, Québec, les régions). La grande variété de situations de ces communautés est aussi attribuable à leur présence historique, ou pas, au Québec. Cette présence joue sur la force de leurs institutions, la visibilité de leurs représentants et, à travers ces derniers, sur les possibilités de dialogue avec la majorité francophone.
Malgré la complexité d’établir des critères définissant de façon univoque ces communautés, une grande tendance se dessine : celle d’une disparité toujours plus grande au fil des ans entre les anglophones de Montréal et ceux hors de la métropole. Jusqu’à maintenant, la majorité de la recherche s’est penchée sur la région montréalaise, où l’on retrouve plus de 80 % des anglophones du Québec. Notre colloque innove donc en se penchant plus spécifiquement sur les défis et les enjeux entourant le fait d’appartenir à une communauté d’expression anglaise loin de cette masse critique. Ces défis et ces enjeux touchent, entre autres, le maintien d’institutions, la capacité de se mobiliser en tant que communauté, la rétention des jeunes qui migrent vers Montréal ou d’autres villes canadiennes, l’attraction d’immigrants et l’accès à des services en anglais garantis par les lois fédérale et provinciale. Les présentations à notre colloque aborderont plusieurs de ces enjeux. L’objectif est d’offrir un meilleur portrait des communautés d’expression anglaise implantées en région et de générer une lecture critique et actuelle de leur situation.
Ce colloque est organisé par le Réseau de recherche sur les communautés québécoises d’expression anglaise et l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques.
Le colloque sera suivi d’un après-midi à Métis-sur-Mer afin d’y découvrir son patrimoine et ses institutions anglophones. Une visite guidée des Jardins de Métis est prévue, suivie d’un cocktail aux bureaux de Heritage Lower Saint Lawrence. Ce sera l’occasion de découvrir les réalités de la communauté d’expression anglaise du Bas-Saint-Laurent dans un cadre enchanteur en bord de mer. Un souper aura également lieu pour ceux qui souhaitent rester après le cocktail. L’inscription pour ces activités se fera lors du colloque (transport et frais d’admission aux Jardins non inclus). Informations : acfas2015@gmail.com.
Comité scientifique : Cheryl Gosselin, Paul Zanazanian et les organisateurs du colloque
Thème du colloque :