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Foi, culte et bienfait social

LG

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Luc Grenon : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Malgré que le débat autour du fait religieux et des aspirations spirituelles connaisse une actualité sensible au Québec comme au Canada, on s'interroge peu sur l'ancrage fiscal des institutions religieuses et de leurs activités. Pourtant, des privilèges fiscaux considérables leur sont accordés, qu'il s'agisse d'exemption d'impôt ou de taxe municipale ou encore des crédits d'impôt consentis à leurs donateurs. Ces avantages fiscaux étant supportés par l'ensemble des contribuables (croyants ou pas), les fondements et finalités derrière ce financement étatique méritent d'être analysés, particulièrement à la lumière des principes de liberté et de neutralité de l'État en matière religieuse.

Les discours politiques et juridiques ont offert un éventail d'arguments, à saveur utilitariste pour la plupart, dans le but de justifier ou du moins d'expliquer ces privilèges fiscaux. Par un exercice de déconstruction, le conférencier entend réfuter l'ensemble de ces arguments utilitaristes en mettant en évidence leurs incohérences et contradictions ou encore les postulats erronés sur lesquels ils reposent. Est-ce que foi et culte en dieu apportent, en soi et à eux seuls, un bienfait à la société?

Résumé du colloque

Une diversité importante de religions, chrétiennes et autres, caractérise les sociétés québécoise et canadienne actuelles. Cette pluralité suscite davantage de débats depuis une quinzaine d’années, dans lesquels semble se dessiner une polarisation entre une conception de la citoyenneté qui inclut l’expression publique de l’appartenance religieuse et une conception de l’incompatibilité entre la religiosité « apparente » et la sécularisation avancée de la société. Si on se réfère aux questions des accommodements raisonnables pour motif religieux et au débat sur la Charte de la laïcité au Québec, on semble de moins en moins en mesure d’adopter, dans les discours publics, un positionnement médian quant à la représentation de la religion. La religiosité manifeste est même le plus souvent associée à de l’intégrisme religieux, mettant en péril les acquis de la modernité laïque.

Ce colloque multidisciplinaire et comparatif propose de réunir des experts reconnus et des jeunes chercheurs afin de se pencher sur l’hypothèse d’un clivage qui serait de plus en plus marqué entre le religieux et le séculier. À partir d’analyses théoriques et de recherches empiriques dans les domaines social, politique et juridique, ce colloque sera l’occasion d’aborder les questions suivantes : les pratiques et les attitudes spécifiques au religieux et au séculier se différencient-elles de plus en plus ou ont-elles en commun des processus de radicalisation? Quels sont les indicateurs qui nous permettent de caractériser les positionnements des différents acteurs par rapport à la religion et au séculier? Les dynamiques entre le religieux et le séculier se répercutent-elles sur les politiques publiques et la sphère juridique? Peut-on évaluer l’impact des représentations réciproques entre les individus religieux et séculiers? Comment le Québec se compare-t-il au reste du Canada et à d’autres pays quant à l’acceptabilité sociale de la diversité religieuse?

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 26 mai 2015

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