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Formation par la recherche et postures réflexives de futurs enseignants

Résumé de la communication

La rédaction d'un mémoire de recherche peut constituer l'étape finale de la formation tertiaire ou universitaire à l'enseignement. Cette étape engage des compétences qui appartiennent aux dimensions incontournables de la professionnalisation. En référence notamment au modèle du praticien réflexif, les étudiants doivent mener une recherche en sciences de l'éducation qui interroge le terrain et ses acteurs, les pratiques d'enseignement et différents types de savoirs. Apparenté au rapport scientifique qui vise à communiquer des résultats d'une recherche, le mémoire dit « professionnel » constitue un genre hybride permettant aussi d'affirmer une identité de praticien réflexif du futur enseignant. L'objectif de cette contribution est de présenter certains résultats de l'analyse de travaux de recherche réalisés par des étudiants préparant un Bachelor à l'enseignement primaire. Nous avons analysé et comparé un échantillon de 48 mémoires professionnels de Bachelor, représentatifs d'un ensemble de 531 travaux produits au cours des 12 dernières années dans notre institution de formation. Nous mettons l'accent sur l'identification d'effets professionnalisants déclinés ici à partir des catégories suivantes : formalisation de savoirs professionnels articulant théorie et expérience ; développement de compétences réflexives ; construction d'une identité de praticien en recherche.

Résumé du colloque

Former des praticiens réflexifs est devenu « normal » (Brockbank et McGill, 2007). Parallèlement, la pratique réflexive s’étend à de nombreux domaines du savoir : éducation (Tardif, Borges et Malo, 2012), santé (Ghaye, 2006), psychologie (Scaife, 2010), ingénierie (Rouvrais, 2013). Mais comment la réflexivité s’intercale-t-elle entre l’expérience interpellante et le changement qui peut suivre? Nous interrogerons les points de vue de chercheurs en éducation, psychologie et ergonomie qui étudient la réflexivité ou qui, comme formateurs, tentent de la stimuler pour obtenir des modifications de perspective et d’agir chez leurs étudiants, que ceux-ci aient 19 ans, en formation initiale, ou 45 ans, en perfectionnement ou réorientation de carrière. Croiser les regards scientifiques est important, car la réflexivité, si elle semble faire l’unanimité, puise en réalité à des sources théoriques et épistémologiques variées, dont on mesure mal les chevauchements, tensions et effets de polysémie (Beauchamp, 2012; Chaubet, 2010). Parfois appelée réflexion, ou intégrée au couple « pratique réflexive », elle peut ainsi faire référence à la théorie de l’enquête de Dewey (1938), à la métacognition de Flavell (1976) ou à l’abstraction réfléchissante de Piaget (1974). Pourtant, comme véhicule de formation, elle peut porter des valeurs et des enjeux bien différents : formation à l’adaptation (Pastré, 2011), prise de conscience de savoirs tacites (Osterman et Kottkamp, 2004), émancipation (Lyons, 2009). Enfin, la formation à une réflexivité affinée et critique, appelée de tous bords à l’université, rencontre peut-être des problèmes d’avenir, déjà à notre porte. Boud, Cressey et Docherty (2006) exposent ainsi des chercheurs préoccupés par le fait que les acteurs sociaux ne trouvent plus le temps de penser en situation de travail et que cela empêche l’apprentissage et tout simplement le travail efficace. L’université qui prône le praticien réflexif travaille-t-elle alors à vide?

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 26 mai 2015

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