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Annie O'bomsawin-Bégin : Cégep de Saint-Jérôme
Après quelques siècles de colonisation où les peuples autochtones du Canada ont été dépossédés de leurs terres, de leurs traditions, marginalisés et assimilés, c'est au début des années '70 que le mouvement de contestation autochtone pan canadien prend forme et exerce une pression suffisante sur les autorités pour que l'on puisse dire qu'une transformation réelle dans les relations entre les peuples autochtones et le peuple canadien soit en marche. Les leaders autochtones, qu'ils soient politiciens, militants ou intellectuels cherchent alors à développer des projets qui visent la décolonisation et qui revalorisent les cultures traditionnelles.
C'est dans la même période historique que le mouvement orchestré par et pour les femmes autochtones prend de l'ampleur. Un des enjeux les plus criants à ce moment était le fait que par la Loi sur les Indiens, plusieurs femmes avaient perdu leur statut parce qu'elles s'étaient mariées avec des allochtones. Elles et leur famille perdaient alors le droit de vivre en communauté et n'étaient plus identifiées comme autochtones. Notamment en raison de cet aspect de la Loi, les femmes autochtones en ont dénoncé le caractère patriarcal et après plusieurs batailles juridiques, le Canada a amendé la Loi sur les Indiens en 1985. Or, l'association autochtone la plus importante au Canada à cette époque, the National Indian Brotherhood s'y est opposée arguant que la valeur de l'égalité n'était pas une valeur traditionnelle autochtone.
L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.
Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.
Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.
Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.