Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Alexander Reford : Les Jardins de Métis
Les Jardins de Métis (aussi connu sous le nom des Reford Gardens) illustrent bien le changement de perceptions des communautés anglophones au Québec. Fondés par les dirigeants de plusieurs familles qui ont façonné Montréal et ses institutions au XXe siècle, Les Jardins de Métis sont aujourd'hui un musée et une institution culturelle et artistique qui accueille 50 000 visiteurs tous les étés. Les Jardins reflètent l'évolution du Québec depuis la Révolution tranquille. En effet, ils ont été conservés grâce à une décision du gouvernement Lesage, puis vendus dans les premiers jours du gouvernement de Jacques Parizeau, et enfin sauvés par une série d'engagements issus du milieu communautaire et de partenariats publics et privés. La mission actuelle des Jardins est de préserver le patrimoine horticole de sa fondatrice, Elsie Reford, mais en le faisant d'une façon pertinente et intéressante pour les nouvelles générations de visiteurs. Après avoir partagé sa réflexion sur la gestion de ce lieu historique national au cours des deux dernières décennies, Alexander Reford exposera certains des défis auxquels il a dû faire face en présentant des identités anglophones aux visiteurs francophones et comment la créativité artistique contemporaine est devenue un pont vers une nouvelle communauté de visiteurs.
Les anglophones du Québec, malgré une langue commune, sont divisés en de nombreuses communautés et sous-groupes. Identifier les caractéristiques de ces diverses communautés d’expression anglaise représente alors un défi pour la recherche et l’action publique. En effet, les marqueurs identitaires liés à la langue s’accompagnent souvent d’autres marqueurs parfois plus significatifs pour les individus. Ces marqueurs peuvent être liés au sentiment d’appartenance à un groupe culturel (p. ex. : Irlandais, Pakistanais, Premières Nations, etc.), à une confession religieuse (p. ex. : juive, chrétienne, etc.) ou à un territoire (Montréal, Québec, les régions). La grande variété de situations de ces communautés est aussi attribuable à leur présence historique, ou pas, au Québec. Cette présence joue sur la force de leurs institutions, la visibilité de leurs représentants et, à travers ces derniers, sur les possibilités de dialogue avec la majorité francophone.
Malgré la complexité d’établir des critères définissant de façon univoque ces communautés, une grande tendance se dessine : celle d’une disparité toujours plus grande au fil des ans entre les anglophones de Montréal et ceux hors de la métropole. Jusqu’à maintenant, la majorité de la recherche s’est penchée sur la région montréalaise, où l’on retrouve plus de 80 % des anglophones du Québec. Notre colloque innove donc en se penchant plus spécifiquement sur les défis et les enjeux entourant le fait d’appartenir à une communauté d’expression anglaise loin de cette masse critique. Ces défis et ces enjeux touchent, entre autres, le maintien d’institutions, la capacité de se mobiliser en tant que communauté, la rétention des jeunes qui migrent vers Montréal ou d’autres villes canadiennes, l’attraction d’immigrants et l’accès à des services en anglais garantis par les lois fédérale et provinciale. Les présentations à notre colloque aborderont plusieurs de ces enjeux. L’objectif est d’offrir un meilleur portrait des communautés d’expression anglaise implantées en région et de générer une lecture critique et actuelle de leur situation.
Ce colloque est organisé par le Réseau de recherche sur les communautés québécoises d’expression anglaise et l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques.
Le colloque sera suivi d’un après-midi à Métis-sur-Mer afin d’y découvrir son patrimoine et ses institutions anglophones. Une visite guidée des Jardins de Métis est prévue, suivie d’un cocktail aux bureaux de Heritage Lower Saint Lawrence. Ce sera l’occasion de découvrir les réalités de la communauté d’expression anglaise du Bas-Saint-Laurent dans un cadre enchanteur en bord de mer. Un souper aura également lieu pour ceux qui souhaitent rester après le cocktail. L’inscription pour ces activités se fera lors du colloque (transport et frais d’admission aux Jardins non inclus). Informations : acfas2015@gmail.com.
Comité scientifique : Cheryl Gosselin, Paul Zanazanian et les organisateurs du colloque