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Émilie Drapeau : Université d'Ottawa
Mon étude s'interroge sur les représentations sociales de la religion du point de vue de jeunes croyants de 18 à 25 ans qui adhèrent à différentes traditions religieuses. J'ai pour objectif de comprendre l'impact de ces représentations sur leur rapport à la religion et sur leur processus de construction identitaire. À partir de données issues d'une enquête de terrain et d'une douzaine d'entretiens semi-directifs, il ressort de l'analyse que l'environnement fortement sécularisé dans lequel ces jeunes évoluent les mène à adopter des stratégies discursives révélant une polarisation du religieux et du séculier. Je présenterai : 1) les stratégies de légitimation que suppose la définition de soi en tant que croyant, en montrant comment l'identification religieuse se construit, chez ces jeunes, à travers une série de négociations avec l'environnement séculier; 2) les difficultés qu'ils expérimentent, dans ce contexte séculier, lors de l'affirmation de leur identité religieuse. Nous verrons de quelle manière ces jeunes cherchent à se distancier des représentations négatives associées à la religion en proposant des voies alternatives pour décrire leur rapport au religieux. En nommant ce qu'ils présument être le regard que la majorité non croyante pose sur eux, ces jeunes croyants nous informent sur leur perception des représentations dominantes concernant la religion.
Une diversité importante de religions, chrétiennes et autres, caractérise les sociétés québécoise et canadienne actuelles. Cette pluralité suscite davantage de débats depuis une quinzaine d’années, dans lesquels semble se dessiner une polarisation entre une conception de la citoyenneté qui inclut l’expression publique de l’appartenance religieuse et une conception de l’incompatibilité entre la religiosité « apparente » et la sécularisation avancée de la société. Si on se réfère aux questions des accommodements raisonnables pour motif religieux et au débat sur la Charte de la laïcité au Québec, on semble de moins en moins en mesure d’adopter, dans les discours publics, un positionnement médian quant à la représentation de la religion. La religiosité manifeste est même le plus souvent associée à de l’intégrisme religieux, mettant en péril les acquis de la modernité laïque.
Ce colloque multidisciplinaire et comparatif propose de réunir des experts reconnus et des jeunes chercheurs afin de se pencher sur l’hypothèse d’un clivage qui serait de plus en plus marqué entre le religieux et le séculier. À partir d’analyses théoriques et de recherches empiriques dans les domaines social, politique et juridique, ce colloque sera l’occasion d’aborder les questions suivantes : les pratiques et les attitudes spécifiques au religieux et au séculier se différencient-elles de plus en plus ou ont-elles en commun des processus de radicalisation? Quels sont les indicateurs qui nous permettent de caractériser les positionnements des différents acteurs par rapport à la religion et au séculier? Les dynamiques entre le religieux et le séculier se répercutent-elles sur les politiques publiques et la sphère juridique? Peut-on évaluer l’impact des représentations réciproques entre les individus religieux et séculiers? Comment le Québec se compare-t-il au reste du Canada et à d’autres pays quant à l’acceptabilité sociale de la diversité religieuse?
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