Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Marc-Kevin Daoust : École de technologie supérieure
Les arguments épistémiques en faveur de la délibération politique sont courants. L'argument instrumental soutient que le potentiel épistémique de la démocratie confère une valeur supérieure à ce régime. Il existe toutefois des modèles aux qualités épistémiques manifestes desquels sont exclus la délibération. Plutôt que de délibérer, on procède à l'agrégation des préférences, via des algorithmes « intelligents ». Il suffit qu'un groupe présente une diversité suffisante pour qu'une agrégation des préférences ou des connaissances soit concluante. On peut alors se poser la question suivante : si notre but est vraiment d'augmenter le potentiel épistémique de notre régime politique, pourrions-nous abandonner la délibération au profit d'un modèle agrégatif? Après un rappel de « l'argument instrumental » de Landemore, on présentera les modèles agrégatifs et leur potentiel épistémique équivalent ou supérieur. Les principaux arguments de Page, Hong, Servan-Schreiber et Vermeule en faveur d'un modèle agrégatif seront exposés. Nous présenterons ensuite l'argument d'Andler, selon lequel la délibération, contrairement à l'agrégation, est un mode informel d'éducation mutuelle. Nous analyserons finalement si l'argument d'Andler est épistémique, ou s'il ne s'agirait pas plutôt d'un argument de légitimité politique.
L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.
Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.
Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.
Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.
Titre du colloque :