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Richard M. Bégin : Fédération Histoire Québec
Fondée en 1965 sous le nom de Fédération des sociétés d'histoire du Québec, la FHQ regroupe aujourd'hui plus de 260 sociétés membres œuvrant dans les domaines de l'histoire, du patrimoine, des archives, de l'archéologie, de la muséologie, de la généalogie, de l'ethnologie, etc., dans toutes les régions du Québec. Si la FHQ n'a que 50 ans, certaines de ses sociétés membres sont présentes sur notre territoire depuis bien plus longtemps et la première d'entre elles, la Literary and Historical Society of Quebec, fondée en 1824, fut même la première société savante au Canada.
Qu'il s'agisse de collecte d'archives de toutes sortes (imprimés, archives sonores ou visuelles, etc.), de recherche, de toponymie, de visites guidées, de plaques commémoratives, de sensibilisation et d'éducation, de préservation et de mise en valeur du patrimoine, la Fédération et ses sociétés membres sont aux premières loges et jouent un rôle crucial. Ce rôle est en partie exercé par des amateurs passionnés, des professionnels et des chercheurs autodidactes qui, sur une base purement bénévole, nous font découvrir une facette de notre histoire et de notre patrimoine, et la font connaître au reste de la population par la voie d'événements spéciaux, de conférences, d'articles et de publications. Au bout du compte, ils contribuent ainsi à favoriser le sentiment d'appartenance et l'identité collective si essentiels au développement et au maintien d'une communauté.
Souvent négligée, l’histoire régionale constitue pourtant une pratique essentielle et intrinsèquement liée à la construction d’une histoire dite « nationale ». En marge du débat entre la petite et la grande histoire, la pratique de l’histoire régionale en tant que telle demeure somme toute assez mal définie, à la fois dans ses finalités, ses paramètres d’analyse et ses pratiques concrètes. Entre le récit des figures et événements du local, l’explication de l’origine des toponymes, la mise en forme des témoignages ethnographiques, la publication de fonds d’archives inédits et les démarches de patrimonialisation, l’histoire régionale reste un objet multiforme. Obéissant à des règles méthodologiques et épistémologiques qui lui sont propres, elle n’en participe pas moins à définir une culture historique publique et à orienter les enquêtes produites dans un cadre proprement universitaire.
Le colloque suggéré propose ainsi de faire un état des lieux de cette pratique d’histoire régionale, notamment par la mise en relief de la variété des pratiques et de ses objets. Les propositions de communications pourront s’insérer à l’intérieur de l’un des axes suivants :
La construction d’une histoire locale et régionale : ses fondements, ses fonctions identitaires d’hier à aujourd’hui.
Les artisans de l’histoire régionale : les acteurs privés (chercheurs autodidactes, universitaires et professionnels) et institutionnels (institutions publiques, organismes communautaires et culturels), les collaborations, la variété des perspectives disciplinaires mises à contribution (géographie, ethnologie, histoire, archéologie, archivistique, etc.).
Les matériaux de l’histoire régionale : les objets; les types de sources dépouillés ou à investir dans le futur.
La production de l’histoire régionale : la variété des échelles et les thèmes de prédilection; le rôle structurant du patrimoine; les pratiques de rédaction et les enjeux liés à la diffusion; les travaux marquants des dernières décennies.
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