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Danic Parenteau
En février 2013, le gouvernement fédéral mettait sur pied un Bureau de la liberté de religion, dont le mandat est « d'intervenir pour protéger la liberté de religion et en faire la promotion partout dans le monde. » Ce Bureau se veut un instrument de la diplomatie canadienne pour la diffusion des valeurs de ce pays à l'étranger.
La tradition canadienne en matière de relations entre le politique et le religieux a jusqu'ici toujours reposé sur le principe du « sécularisme libéral », lequel appelle à la « neutralité » de l'État en matière de religion. Le politique ne doit pas intervenir en matière religieuse et doit accorder à toutes les institutions religieuses un traitement égal. En quoi la création de ce Bureau marque-t-il une rupture avec cette pratique ? Au contraire, cette création constitue-t-il une manière de moderniser ce principe ? En quoi l'articulation de ce « droit à la religion » est-il l'expression d'une « valeur canadienne » ? Assistons-nous avec la reconnaissance de ce « droit », à une nouvelle articulation de l'idéal des droits et libertés inscrits dans la Charte canadienne des droits et libertés ?
L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.
Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.
Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.
Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.