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La philosophie pratique : l'orientation de l'action basée sur l'étude des pratiques

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Alain Létourneau : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

On se souviendra que la philosophie pratique, comme c'est le cas depuis Aristote et cela se poursuit de bien des façons jusqu'à nos jours, a certes pour souci et tâche de pensée d'orienter l'action : pensons à l'éthique, à la morale, à la philosophie politique ou à la philosophie du droit, et on verra tout de suite qu'elles ne s'en tiennent pas à des descriptions de situations. Pourtant, comment serait-il possible d'y arriver si on ne commençait par étudier les pratiques elles-mêmes? Suivant à cet égard Stephen E. Toulmin, il est possible de soutenir que les questions pratiques sont très largement, sinon tout à fait dépendantes du champ d'action auquel on se réfère chaque fois. Bien que certains soient d'avis contraire, il est possible de soutenir que la philosophie a besoin d'une étude des actions ayant une part descriptive, qu'elle ne peut se limiter à être une élaboration normative. Cette remarque est d'autant plus nécessaire

Certes, les philosophes ne peuvent tout faire, mais il faudrait craindre une spécialisation qui laisserait tout à fait de côté les situations concrètes, surtout en philosophie pratique : en général celle-ci tourne autour de questions sur le « comment agir », qu'il s'agisse du droit, du politique, de la morale ou de l'éthique. Si donc une philosophie pratique peut se donner pour tâche indispensable l'étude des pratiques, comment les voir?

Résumé du colloque

L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.

Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.

Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.

Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 26 mai 2015

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