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Mathieu Pontbriand : Indépendant
Au début de 2015, un rapport déposé à la Municipalité régionale de comté (MRC) de Pierre-De Saurel établissait que la pratique de l'histoire faisait face à cinq grands enjeux : la professionnalisation et le bénévolat, l'accessibilité et la conservation de la documentation, l'espace et l'immobilisation, la pérennité des organismes, ainsi que la formation.
Dans cette communication, j'analyserai la question de la coexistence entre l'historien diplômé et les bénévoles amateurs dans un cadre régional, en m'inspirant du cas de la MRC de Pierre-De Saurel, et par le fait même de ma propre expérience. Si la formation universitaire traditionnelle prépare étonnamment bien au défi régional, le besoin de faire mieux comprendre aux partenaires professionnels – et aux employeurs – la réalité historienne demeure un défi. La simple reconnaissance de l'expertise de l'historien en milieu régional ne suffit pas à simplifier sa tâche ou à faciliter la réalisation de nouveaux projets : la définition du rôle de chaque acteur (historien académique, chercheur amateur, administrateur de société d'histoire, archiviste) dans la cadre de la recherche historique proprement dite demeure problématique. L'un des écueils les plus courants dans la définition de ces projets se situe dans la promotion du sentiment d'appartenance à la région, avec lequel l'historien académique doit composer.
Souvent négligée, l’histoire régionale constitue pourtant une pratique essentielle et intrinsèquement liée à la construction d’une histoire dite « nationale ». En marge du débat entre la petite et la grande histoire, la pratique de l’histoire régionale en tant que telle demeure somme toute assez mal définie, à la fois dans ses finalités, ses paramètres d’analyse et ses pratiques concrètes. Entre le récit des figures et événements du local, l’explication de l’origine des toponymes, la mise en forme des témoignages ethnographiques, la publication de fonds d’archives inédits et les démarches de patrimonialisation, l’histoire régionale reste un objet multiforme. Obéissant à des règles méthodologiques et épistémologiques qui lui sont propres, elle n’en participe pas moins à définir une culture historique publique et à orienter les enquêtes produites dans un cadre proprement universitaire.
Le colloque suggéré propose ainsi de faire un état des lieux de cette pratique d’histoire régionale, notamment par la mise en relief de la variété des pratiques et de ses objets. Les propositions de communications pourront s’insérer à l’intérieur de l’un des axes suivants :
La construction d’une histoire locale et régionale : ses fondements, ses fonctions identitaires d’hier à aujourd’hui.
Les artisans de l’histoire régionale : les acteurs privés (chercheurs autodidactes, universitaires et professionnels) et institutionnels (institutions publiques, organismes communautaires et culturels), les collaborations, la variété des perspectives disciplinaires mises à contribution (géographie, ethnologie, histoire, archéologie, archivistique, etc.).
Les matériaux de l’histoire régionale : les objets; les types de sources dépouillés ou à investir dans le futur.
La production de l’histoire régionale : la variété des échelles et les thèmes de prédilection; le rôle structurant du patrimoine; les pratiques de rédaction et les enjeux liés à la diffusion; les travaux marquants des dernières décennies.
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