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La reterritorialisation de la question agricole et dynamique actorielle : les plans de développement de la zone agricole (PDZA)

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Mélanie Doyon : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Au cours des dernières décennies, le territoire québécois a fait l'objet d'une décentralisation des responsabilités et des compétences en matière d'aménagement et de développement. Ce n'est toutefois que très récemment que le secteur agricole s'est inscrit dans cette mouvance. Adopté en 2012 par le MAPAQ, le plan de développement de la zone agricole (PDZA), un nouveau dispositif de planification territoriale « facultatif », vise la mise en valeur de la zone agricole en favorisant le développement durable des activités agricoles. Ils réforment de manière importante la gouvernance des territoires agricoles en octroyant de nouvelles responsabilités aux administrations supramunicipales et en réaffirmant l'importance d'une participation élargie des acteurs locaux. En novembre 2013, 36 MRC avaient entrepris l'élaboration de leur PDZA. On assiste donc à une territorialisation de la question agricole par l'identification d'enjeux spécifiques et la formulation de solutions inédites. La présentation vise à discuter la dynamique actorielle mise en place à travers les PDZA. Bien qu'étant sous la responsabilité des MRC, plusieurs organismes locaux ont été au cœur du leadership local associé à l'élaboration de ces plans. Or, les récentes réformes risquent de mettre à mal les capacités des territoires en raison des restructurations ayant provoqué la disparition d'organismes ayant œuvré à l'élaboration de ces plans, et donc de savoirs et compétences coconstruites en cours de processus.

Résumé du colloque

La crise économique mondiale de 2008 reste gravée dans nos mémoires. Certains ont sans doute rêvé, par suite de cette débâcle financière, de voir le néolibéralisme s’effondrer ou, du moins, adopter des mécanismes pour limiter les dégâts sociaux associés à son fonctionnement. Depuis, on a plutôt observé que de nombreux gouvernements ont instauré des mesures d’austérité énergiques pour atteindre l’équilibre fiscal à tout prix, soit le leitmotiv des réformes d’inspiration néolibérales. Le Québec s’est aussi engagé dans cette voie. Dans ce cas, les coupures et restructurations mises en œuvre auront un effet certain sur des éléments importants du « modèle québécois », notamment la participation de la société civile à la prise de décisions, les instances de concertation, l’universalité des services publics, les mécanismes de redistribution de la richesse et la place de l’économie sociale.

Sans chercher à s’étendre sur les raisons et les mécanismes qui ont mené aux mesures énoncées, ce colloque s’intéressera à l’effet de l’actuelle vague de réformes sur la capacité des acteurs sociaux, économiques et gouvernementaux de raviver la flamme de l’innovation sociale qui a animé le démarrage de la Révolution tranquille et les profondes transformations qui eurent lieu dans les années 1980.

Les organisateurs invitent la communauté scientifique à soumettre des propositions de communication concernant la place et les objectifs de l’innovation sociale et ses effets possibles dans ce nouveau contexte, ainsi que, plus particulièrement, les questions suivantes :

– Quels sont les effets des politiques d’austérité sur la capacité des acteurs de la société civile à formuler et résoudre les problèmes sociaux? Quels rôles peuvent jouer l’économie sociale, le secteur public, le secteur communautaire et les acteurs territoriaux?

– Le contexte de l’austérité génère-t-il une nouvelle vague d’innovations sociales au Québec et ailleurs? Dans quelle mesure ces innovations sont-elles positives?

– Que peut-on apprendre des initiatives qui ont récemment eu lieu en Europe? En Amérique latine? Ailleurs dans le monde?

– Quelles sont les actions menées par les acteurs sociaux afin d’accroître leur capacité à assurer le bien commun et la qualité de vie des citoyens?

– Comment poursuivre le développement des territoires malgré la suppression ou la « réorganisation » d’organisations qui ont été au cœur du leadership local? Y a-t-il des formes de résilience qui peuvent se développer différemment selon les configurations socioéconomiques des territoires, entre milieux urbains et zones rurales, par exemple?

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
manager icon Responsables :
Marco Alberio
section icon Date : 26 mai 2015

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