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L'art à la rescousse d'un territoire vulnérable

FJ

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France Joyal

Résumé de la communication

Au milieu des années 1980, sous les pressions des environnementalistes, l'Espagne a voté une loi régissant la construction d'édifices en bordure de la mer (La Ley de Costas). Dans un contexte politique oscillant entre l'appât du développement touristique et la préservation du patrimoine, cette loi est sujette à diverses interprétations dont certaines mettent en péril des joyaux du patrimoine construit. Cette communication relate les principales étapes d'un projet d'art/nature réalisé en Espagne, en octobre 2014, pour supporter la cause de Tufia, un village côtier des Iles Canaries dont le patrimoine architectural est menacé d'extinction. Conçu par les habitants du village, le projet Tufi'Arte a été proposé aux membres de AiNIN (Artists in Nature International Network) qui, par leur travail, ont uni leurs voix à celles des habitants de la communauté de Tufia pour attirer l'attention des médias sur cette vulnérabilité. Plus qu'un projet de sculpture, Tufi'Arte est devenu une pratique bilatérale du care entre les villageois et les artistes, laissant des traces indélébiles sur le vécu des uns et des autres.

Résumé du colloque

La vulnérabilité est le fait, pour un être, d’être plus exposé qu’un autre à un mal et moins capable de s’en protéger en raison de sa nature ou de facteurs contextuels ou structurels. En éthique, la vulnérabilité est d’abord un fait ontologique universellement partagé qui tient dans la fragilité et la finitude de la condition humaine (Nussbaum). Pour cette raison, elle est au principe même de la société moderne et de l’État de droit. Elle renvoie également à un trait caractéristique de groupes particuliers méritant une protection spéciale.

C’est en réponse aux insuffisances de la pensée morale déontologique et utilitariste que semble avoir émergé, depuis les dernières décennies, le concept de vulnérabilité en éthique. Un « principe de vulnérabilité » serait au fondement de l’éthique, prescrivant « le respect, le souci et la protection d’autrui et du vivant en général, sur la base du constat universel de la fragilité, de la finitude et de la moralité des êtres » (Nouvelle encyclopédie de bioéthique). D’abord réapproprié par le philosophe conséquentialiste Robert Goodin dans Protecting the Vulnerable au milieu des années 1980, ce concept est désormais au cœur de réflexions en éthique du care, en théorie juridique féministe, en théorie politique et en éthique de l’environnement.

Quel sens devrait-on donner au concept de « vulnérabilité » si l’on veut maximiser son pouvoir normatif? En quoi une éthique de la vulnérabilité enrichit-elle les réflexions morales et politiques jusqu’ici définies en termes de justice et de droits? Peut-elle s’étendre à d’autres champs de l’éthique pour lesquels elle n’a pas été pensée? Quelles sont les limites de son pouvoir explicatif et, surtout, normatif? Ce colloque autour des usages théoriques et pratiques de la notion de vulnérabilité se déploie en quatre axes : éthique des relations de soins et de l’intervention, vulnérabilité des organisations, vulnérabilité des milieux physiques et humains, et rapports Nord-Sud.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 26 mai 2015

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