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Pierre-André Savard : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Méconnu et longtemps dévalorisé, le cinéma d'avant la Révolution tranquille demeure une source documentaire peu exploitée pour comprendre l'histoire des régions du Québec au siècle dernier. Pourtant, grâce à des prêtres catholiques, il existe un cinéma documentaire considérable datant des années 1930 à 1960 et montrant les régions du Québec en pleine transformation économique et sociale. Cette communication propose d'explorer la pertinence du cinéma régional des prêtres-cinéastes comme source documentaire. Nous verrons d'abord la nature de cette source. Bien que l'historiographie ait surtout retenu la nature propagandiste de ces films, ceux-ci sont beaucoup plus diversifiés. Les prêtres-cinéastes ont créé des films de nature éducative, religieuse, touristique et commémorative. Nous verrons ensuite l'étendue des thématiques. Longtemps associés au discours de colonisation et agriculturiste, ces films abordent également l'industrialisation, les progrès scientifiques, les loisirs et l'environnement. Sauf exceptions, ces thématiques sont toujours traitées dans un contexte régional. Ces prêtres proposèrent donc une vision des régions marquée par le traditionalisme et le conservatisme social, mais jumelée à un discours moderniste qui passe par le progrès. Une meilleure compréhension de cette vision s'avère une piste intéressante afin de mieux saisir certains grands changements régionaux issus de la Révolution tranquille comme le BAEQ ou l'abolition des écoles ménagères.
Souvent négligée, l’histoire régionale constitue pourtant une pratique essentielle et intrinsèquement liée à la construction d’une histoire dite « nationale ». En marge du débat entre la petite et la grande histoire, la pratique de l’histoire régionale en tant que telle demeure somme toute assez mal définie, à la fois dans ses finalités, ses paramètres d’analyse et ses pratiques concrètes. Entre le récit des figures et événements du local, l’explication de l’origine des toponymes, la mise en forme des témoignages ethnographiques, la publication de fonds d’archives inédits et les démarches de patrimonialisation, l’histoire régionale reste un objet multiforme. Obéissant à des règles méthodologiques et épistémologiques qui lui sont propres, elle n’en participe pas moins à définir une culture historique publique et à orienter les enquêtes produites dans un cadre proprement universitaire.
Le colloque suggéré propose ainsi de faire un état des lieux de cette pratique d’histoire régionale, notamment par la mise en relief de la variété des pratiques et de ses objets. Les propositions de communications pourront s’insérer à l’intérieur de l’un des axes suivants :
La construction d’une histoire locale et régionale : ses fondements, ses fonctions identitaires d’hier à aujourd’hui.
Les artisans de l’histoire régionale : les acteurs privés (chercheurs autodidactes, universitaires et professionnels) et institutionnels (institutions publiques, organismes communautaires et culturels), les collaborations, la variété des perspectives disciplinaires mises à contribution (géographie, ethnologie, histoire, archéologie, archivistique, etc.).
Les matériaux de l’histoire régionale : les objets; les types de sources dépouillés ou à investir dans le futur.
La production de l’histoire régionale : la variété des échelles et les thèmes de prédilection; le rôle structurant du patrimoine; les pratiques de rédaction et les enjeux liés à la diffusion; les travaux marquants des dernières décennies.
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