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Matthias Pepin : Université Laval
Notre recherche doctorale a porté sur l'apprentissage à s'entreprendre en milieu scolaire (Pepin, 2015). Pour documenter cet objet de recherche, nous avons conduit une étude de cas, pendant une année scolaire complète, dans une classe de deuxième année du primaire. Il s'agissait de suivre les élèves et leur enseignante dans la création puis la gestion d'un magasin de fournitures scolaires dans leur école. Pour permettre aux élèves de jouer un rôle de premier plan pour « faire exister » puis « faire tourner » le magasin, nous avons mis en place un conseil d'élèves, en collaboration avec l'enseignante. Inspiré par la recherche collaborative (Desgagné, 1997, 2001), ce conseil a été pensé comme une activité réflexive présentant une « double rigueur méthodologique », c'est-à-dire servant aussi bien le chercheur, comme outil de collecte de données, que les élèves et l'enseignante, comme outil de gestion démocratique du magasin. Dans cette communication, nous reviendrons sur le déploiement d'un tel conseil d'élèves, en analysant : 1) le rôle de co-praticien que nous y avons joué; 2) la fonction de gardien de la réflexivité des élèves que nous y avons assumée et 3) les bénéfices du dispositif pour documenter notre objet de recherche à l'appui de ce qui s'y est co-construit. Si la recherche collaborative a été surtout pensée pour mobiliser la réflexivité des enseignants, nous illustrerons qu'elle peut aussi être mise à profit pour mobiliser la réflexivité des élèves.
Ce colloque, organisé conjointement par l’Association pour la recherche qualitative (ARQ) et l’Observatoire Jeunes et société (OJS), sera l’occasion de faire le point sur les enjeux méthodologiques et les défis de la recherche auprès des jeunes. Portant sur une variété de projets de recherche auprès des jeunes, les communications aborderont divers enjeux transversaux :
– Les relations entre les chercheurs et les jeunes (comment établir une relation de confiance ? Y a-t-il des a priori réciproques à déconstruire?);
– La place que peut prendre le jeune dans la recherche (quels rôles peut-il occuper dans la conception du projet? Dans la collecte? Dans les analyses?);
– Les dynamiques particulières soulevées par la recherche partenariale sur les jeunes lorsqu’elle inclut aussi des intervenants du milieu communautaire ou de l’action publique;
– Les dispositifs d’enquête (quels moyens méthodologiques permettent de rejoindre les jeunes et de susciter leur implication? Quels objets d’étude sont les mieux servis par des méthodes participatives?);
– L’échantillonnage (quels modes de recrutement permettent de tenir compte et de mettre en valeur la diversité des jeunes? Comment rejoindre ceux qui sont marginalisés?);
– Les enjeux éthiques de la participation active des jeunes;
– Le transfert des connaissances (quels sont les moyens pour communiquer les connaissances non seulement aux intervenants, mais aussi aux jeunes eux-mêmes?).
Ces diverses questions méthodologiques se posent avec acuité dans le cas de la recherche auprès des jeunes parce que ceux-ci sont diversifiés et sont, par définition, en constante évolution. En outre, les jeunes sont souvent peu écoutés des acteurs publics et médiatiques, et ce, d’autant plus que leur poids démographique diminue, notamment au Québec. La recherche véhicule donc une image de la jeunesse et ce colloque sera l’occasion de renouveler la réflexion sur les meilleures manières d’en rendre un portait juste et précis.
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