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Geneviève Desjardins : UQAM - Université du Québec à Montréal
. Au cours des récits recueillis auprès de femmes vivant cette réalité, je me suis concentrée sur les conditions objectives et subjectives de la tension constatée entre stabilité et instabilité résidentielle. L'épreuve vécue par les femmes rencontrées se matérialise dans le rapport aux aides demandées et reçues concernant la stabilisation résidentielle. Trois formes de soutiens qui mènent à supporter d'une manière différente le vécu «de» ou «dans» l'espace à soi se dégagent : celle des conditions objectives de vie qui renforcent l'instabilité ; celle du lieu habité qui comporte à la fois des «difficultés» et des pistes de solutions ; et celle des aides adaptées aux exigences sociales et normatives de l'«habiter» qui régulent les distances et les attachements envers les ressources en favorisant la stabilité. J'aborderai ainsi le registre des soutiens/supports concrets de l'individualité sociale des femmes rencontrées, en ce qu'ils modulent les conditions de possibilité de l'action des femmes en situation d'itinérance. Les soutiens/supports sont variées, complexes, singuliers : dans leur présence, absence ou amalgame, ils activent ou empêchent des interventions concrètes ayant pour visée la stabilisation résidentielle. Je m'interrogerai plus largement sur ce que signifie la «sortie» d'une situation d'itinérance en explorant les dimensions fondamentales des trois formes de soutiens ou supports énoncés et en ouvrant sur les potentialités et les lacunes de la lecture proposée.
Ce colloque propose un espace de réflexion visant à rendre compte des multiples angles d’analyses, de conceptualisations, de régulations et de représentations des problèmes sociaux contemporains. Champ en perpétuel renouvellement dont les grammaires sociales, thérapeutiques, scientifiques et politiques expriment autant de manières différentes d’aborder la consistance et les frontières du social.
Nous cherchons à mettre l’accent sur les espaces et les moments où, insaisissable, ce qui pose problème ne peut se résumer simplement. Jamais vraiment fou, jamais vraiment toxicomane ou en aucun cas jamais vraiment déviant, l’individu reste au final toujours garant de sa trajectoire propre évoluant dans les limites du social. C’est ainsi que l’épreuve de la normativité sociale, hybride entre souffrance et déviance, constitue le point d’ancrage entre l’individu et la cité.
En se questionnant sur les zones grises de ce qui pose problème, ce colloque vise à :
1) interroger les représentations de la déviance et de la normativité au carrefour du mental, du social et du judicaire;
2) réfléchir au renouvellement des institutions de prise en charge et d’intervention;
3) définir dans quelle mesure un changement des pratiques peut amener un changement des concepts et réciproquement;
4) déterminer les conditions de singularisation et de subjectivisation des trajectoires individuelles mise à l’épreuve.