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Les effets inattendus de la mobilisation de la laïcité et de l'égalité hommes-femmes dans les politiques publiques

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Valérie Orange : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Les attentats perpétrés en France en janvier 2015 ont conforté certains Québécois dans l'idée qu'une charte officielle garantirait la présence de la laïcité dans les politiques publiques, notamment celles orientées vers la lutte contre l'intégrisme religieux. L'exemple français permet d'observer les effets possibles d'un tel choix. Depuis 1989, laïcité et égalité hommes-femmes sont convoquées pour encadrer le port du voile, initialement marginal, mais jugé symptomatique d'une poussée intégriste. Jugeant le voile oppressif, tout en occultant sa polysémie, pourtant reconnue par les recherches, les pouvoirs publics français ont régulièrement pris des mesures d'interdiction, jugées stigmatisantes et discriminatoires pour les musulmans et les femmes (Baubérot et Milot, 2011). Or, malgré les (ou en raison des) représentations négatives associées au voile que ces décisions véhiculent, cette pratique ne cesse de se développer, et ce, pour des raisons variées, dont celle de « retournement de stigmates » (Goffman, 1975). L'évolution vestimentaire observée pourrait alors partiellement s'analyser à la lumière de l'évolution des politiques nationales. Le sachant, le Québec doit subséquemment envisager la possibilité d'effets inattendus induits par une telle orientation des politiques publiques, notamment sur la manière de représenter les femmes, musulmanes ou non (Dechaufour, 2008). Cette présentation exposera théories et observations empiriques illustrant ces effets.

Résumé du colloque

Une diversité importante de religions, chrétiennes et autres, caractérise les sociétés québécoise et canadienne actuelles. Cette pluralité suscite davantage de débats depuis une quinzaine d’années, dans lesquels semble se dessiner une polarisation entre une conception de la citoyenneté qui inclut l’expression publique de l’appartenance religieuse et une conception de l’incompatibilité entre la religiosité « apparente » et la sécularisation avancée de la société. Si on se réfère aux questions des accommodements raisonnables pour motif religieux et au débat sur la Charte de la laïcité au Québec, on semble de moins en moins en mesure d’adopter, dans les discours publics, un positionnement médian quant à la représentation de la religion. La religiosité manifeste est même le plus souvent associée à de l’intégrisme religieux, mettant en péril les acquis de la modernité laïque.

Ce colloque multidisciplinaire et comparatif propose de réunir des experts reconnus et des jeunes chercheurs afin de se pencher sur l’hypothèse d’un clivage qui serait de plus en plus marqué entre le religieux et le séculier. À partir d’analyses théoriques et de recherches empiriques dans les domaines social, politique et juridique, ce colloque sera l’occasion d’aborder les questions suivantes : les pratiques et les attitudes spécifiques au religieux et au séculier se différencient-elles de plus en plus ou ont-elles en commun des processus de radicalisation? Quels sont les indicateurs qui nous permettent de caractériser les positionnements des différents acteurs par rapport à la religion et au séculier? Les dynamiques entre le religieux et le séculier se répercutent-elles sur les politiques publiques et la sphère juridique? Peut-on évaluer l’impact des représentations réciproques entre les individus religieux et séculiers? Comment le Québec se compare-t-il au reste du Canada et à d’autres pays quant à l’acceptabilité sociale de la diversité religieuse?

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 26 mai 2015

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