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Marine Maurin : ENSEIS
Le recours aux services de l'assistance ne relève pas a priori d'un choix volontaire, d'autant plus que le fait d'être assisté dans nos sociétés actuelles suscite de nombreuses désapprobations. Pour autant, pour assurer leur survie : se nourrir, se vêtir, trouver un toit, se laver, les femmes investissent les services de l'assistance. Leur quotidien est alors marqué par la fréquentation de ces lieux, une fréquentation contrainte d'être répétée au vue de leurs conditions de vie. L'expérience de ce rapport à l'assistance est au cœur de notre propos. Dans cette perspective ce qui nous intéresse c'est donc ce qui se passe dans ces lieux : De quelles manières ces femmes prennent-elles place dans le monde de l'assistance ? Face à quels paradoxes sont-elles confrontées dans leurs interactions avec les acteurs de ces services ? Symétriquement, comment l'assistance, dans sa complexité, leur offre des possibilités d'agir ?
Ce colloque propose un espace de réflexion visant à rendre compte des multiples angles d’analyses, de conceptualisations, de régulations et de représentations des problèmes sociaux contemporains. Champ en perpétuel renouvellement dont les grammaires sociales, thérapeutiques, scientifiques et politiques expriment autant de manières différentes d’aborder la consistance et les frontières du social.
Nous cherchons à mettre l’accent sur les espaces et les moments où, insaisissable, ce qui pose problème ne peut se résumer simplement. Jamais vraiment fou, jamais vraiment toxicomane ou en aucun cas jamais vraiment déviant, l’individu reste au final toujours garant de sa trajectoire propre évoluant dans les limites du social. C’est ainsi que l’épreuve de la normativité sociale, hybride entre souffrance et déviance, constitue le point d’ancrage entre l’individu et la cité.
En se questionnant sur les zones grises de ce qui pose problème, ce colloque vise à :
1) interroger les représentations de la déviance et de la normativité au carrefour du mental, du social et du judicaire;
2) réfléchir au renouvellement des institutions de prise en charge et d’intervention;
3) définir dans quelle mesure un changement des pratiques peut amener un changement des concepts et réciproquement;
4) déterminer les conditions de singularisation et de subjectivisation des trajectoires individuelles mise à l’épreuve.