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Les fonctions et la santé écosystémique : une conception inspirée de Boorse

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Antoine C. Dussault : Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST)

Résumé de la communication

Ma présentation vise à montrer que les limites des analyses de la notion de fonction écologique faisant usage des théories du rôle causal (Cummins 1975) et organisationnelle (Mossio, Saborido, et Moreno 2009) de la fonction, plaident en faveur d'une conception des fonctions écologiques et de la santé écosystémique inspirées du travail de Boorse (2002; 1997). Concernant la notion de fonction écologique, je soutiendrai que la conception du rôle causal (Odenbaugh 2010) est trop inclusive, alors qu'à l'inverse la conception organisationnelle (Nunes-Neto, Moreno, et El-Hani 2014) est trop exclusive et trop ancrée dans le paradigme de l'écologie des équilibres. Je proposerai que la conception boorsienne axée sur la contribution des parties à la survie d'un système, réinterprétée comme une contribution des parties des écosystèmes à leur persistance, est plus adéquate (Dussault et Bouchard en prép.; Bouchard 2013). Concernant la notion de santé écosystémique, je soutiendrai que la conception organisationnelle est trop inclusive entre autre parce qu'elle ne traite pas adéquatement l'enjeu des états stables alternatifs (Beisner, Haydon, et Cuddington 2003). Je proposerai que la conception boorsienne est plus appropriée si on y remplace la notion statistique de normalité par une normativité «token-kind» (Dussault et Gagné-Julien 2015).

Résumé du colloque

L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.

Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.

Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.

Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 26 mai 2015

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