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Eric Muszynski : UQAM - Université du Québec à Montréal
Noam Chomsky a longtemps défendu l'idée selon laquelle le langage doit être étudié comme une faculté biologique propre à l'humain, et comme un mécanisme formel syntactique. S'appuyant sur le cadre théorique du Programme Minimaliste et des découvertes en biolinguistique, Chomsky (2010) et Berwick et Chomsky (2011) proposent un scénario évolutif saltationiste et non-adaptationniste pour l'évolution de la faculté du langage. Dans cette présentation, j'explique comment ces auteurs sont arrivés à de telles conclusions, et en quoi les arguments peuvent être problématiques. Je démontre que le problème le plus important dans leur approche est d'avoir négligé d'intégrer l'évolution des unités lexicales et des traits lexicaux dans leur scénario saltationniste, des éléments pourtant essentiels à l'explication formelle du langage dans leur propre théorie linguistique. Je conclus en proposant des pistes de solution pour une évolution gradualiste dans le cadre du Programme Minimaliste.
L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.
Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.
Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.
Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.
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