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Les professionnels des ressources humaines : acteurs vulnérables au sein de nos organisations?

JC

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Jennifer Centeno : Université Laval

Résumé de la communication

En contexte organisationnel, le concept de vulnérabilité permet de mieux cerner les faiblesses qui caractérisent, et les risques auxquels s'exposent, tant les individus que les organisations. Toutefois, le concept de vulnérabilité professionnelle demeure, à ce jour, peu exploré. Alors qu'une recension des écrits permet de retracer un intérêt dans la littérature scientifique quant à la vulnérabilité professionnelle de certains groupes – dont les infirmières, les professeurs et les travailleurs sociaux –, peu d'auteurs se sont intéressés au groupe que constituent les professionnels de la gestion des ressources humaines (PRH). Or, il est généralement convenu que la vulnérabilité professionnelle est socialement construite et contextuellement située. Il apparaît donc qu'une exploration de ce contexte spécifique semble méritée. C'est ainsi que nous proposons une réflexion articulée autour des questions suivantes : En quoi le rôle des PRH peut-il être qualifié, de par sa nature même, d'intrinsèquement vulnérable? En quoi le contexte au sein duquel les PRH œuvrent peut-il mener à des situations les laissant vulnérables sur le plan éthique? Quelles mesures ces derniers peuvent-ils adopter afin d'alléger cet état de vulnérabilité professionnelle? Ce processus de réflexion sera appuyé sur des données empiriques, en provenance d'organisations québécoises.

Résumé du colloque

La vulnérabilité est le fait, pour un être, d’être plus exposé qu’un autre à un mal et moins capable de s’en protéger en raison de sa nature ou de facteurs contextuels ou structurels. En éthique, la vulnérabilité est d’abord un fait ontologique universellement partagé qui tient dans la fragilité et la finitude de la condition humaine (Nussbaum). Pour cette raison, elle est au principe même de la société moderne et de l’État de droit. Elle renvoie également à un trait caractéristique de groupes particuliers méritant une protection spéciale.

C’est en réponse aux insuffisances de la pensée morale déontologique et utilitariste que semble avoir émergé, depuis les dernières décennies, le concept de vulnérabilité en éthique. Un « principe de vulnérabilité » serait au fondement de l’éthique, prescrivant « le respect, le souci et la protection d’autrui et du vivant en général, sur la base du constat universel de la fragilité, de la finitude et de la moralité des êtres » (Nouvelle encyclopédie de bioéthique). D’abord réapproprié par le philosophe conséquentialiste Robert Goodin dans Protecting the Vulnerable au milieu des années 1980, ce concept est désormais au cœur de réflexions en éthique du care, en théorie juridique féministe, en théorie politique et en éthique de l’environnement.

Quel sens devrait-on donner au concept de « vulnérabilité » si l’on veut maximiser son pouvoir normatif? En quoi une éthique de la vulnérabilité enrichit-elle les réflexions morales et politiques jusqu’ici définies en termes de justice et de droits? Peut-elle s’étendre à d’autres champs de l’éthique pour lesquels elle n’a pas été pensée? Quelles sont les limites de son pouvoir explicatif et, surtout, normatif? Ce colloque autour des usages théoriques et pratiques de la notion de vulnérabilité se déploie en quatre axes : éthique des relations de soins et de l’intervention, vulnérabilité des organisations, vulnérabilité des milieux physiques et humains, et rapports Nord-Sud.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 26 mai 2015

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