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Alain Leobon : Centre national de la recherche scientifique
Le Net Gay Baromètre canadien a permis de recruter 992 répondants québécois âgés de 16 à 24 ans. Ces jeunes hommes sont moins nombreux que leurs aînés à déclarer fréquenter des lieux réputés « gais » préférant les lieux « mixtes » (49% vs 33%) ou les espaces non identitaires (« straight », 47% vs 33%) pour faire des rencontres. Ils privilégient aussi plus souvent des lieux de sociabilité (bars, discothèques, associations) que des lieux sexuels (saunas, lieux de drague extérieurs). Leurs amis sont en majorité et plus souvent hétérosexuels (59% vs 43%). Sur le plan de l'attirance, des comportements ou de l'identité sexuelle, ils rapportent plus souvent que leurs aînés se sentir attirés par les hommes. De plus, la presque totalité d'entre eux ont dévoilé leur homosexualité à leur amis (83% vs 59%). Concernant la recherche active d'un partenaire stable, ils rapportent plus d'aventures que leurs aînés avec des partenaires occasionnels qu'ils revoient plus souvent et pour lesquels ils développent souvent des sentiments, se disant plus souvent dans une relation de couple (61% vs 48%). Cette étude dresse un portrait des jeunes HARSAH assez rassurant au regard de leur parcours relationnel : ces jeunes semblent construire leur identité gaie dans un contexte de mixité homo/hétérosexuelle qui leur est favorable et qui pourrait être renforcée par leur participation active aux réseaux sociaux, 68% d'entre eux ayant été recrutés sur Facebook.
Ce colloque propose une exploration multidisciplinaire de thèmes actuels en recherche concernant les enjeux vécus par les jeunes (14-30 ans) de minorités sexuelles en prenant en compte le rapport aux espaces géographiques, symboliques et virtuels. L’expression « minorités sexuelles » réfère à divers groupes minorisés en raison de corps ou d’apparences corporelles, d’orientations sexuelles, d’identités ou de filiation non conformes aux normes culturelles sur la sexualité et le genre, et donc exposés à la stigmatisation et aux discriminations. Elle désigne principalement les jeunes lesbiennes, gais, bisexuels, transsexuels/transgenres et queer (LGBTQ). Les problématiques touchant ces jeunes relèvent d’enjeux spécifiques liés à la fois à l’appartenance à un groupe d’âge, en transition de l’adolescence jusqu’à l’âge adulte, et à une cohorte générationnelle distincte des précédentes en raison des contextes juridiques, sociaux et culturels dans lesquels elle vit. Les études ont, à ce jour, essentiellement porté sur les milieux urbains, négligeant les petites villes et les régions rurales, où les conditions socioculturelles peuvent contribuer à amplifier les difficultés de dévoilement et d’expression publique de l’identité ou des préférences sexuelles. La rareté ou l’absence de réseaux associatifs ou de rencontres et la carence de ressources d’aide dans le domaine de la santé et des services sociaux pourraient contribuer à l’isolement et aux sentiments d’aliénation et de malaise chez ces jeunes. En revanche, l’expansion d’Internet et des médias sociaux ouvre des espaces virtuels accessibles, anonymes et gratuits, dont la fréquentation a des impacts en termes de résilience et de vulnérabilité.
Réunissant des chercheurs émergents et établis du Québec et de la France, ce colloque examine les réalités quotidiennes, sociales, relationnelles et sexuelles de ces jeunes sous trois angles :
1) Les variations régionales : les processus d’affirmation ou de coming out, les expériences conjugales et relationnelles, les comportements et la santé sexuels, la victimisation liée au statut sexuel minoritaire seront considérées tantôt en ressortant des spécificités liées au contexte sociogéographique (p. ex. le milieu rural), tantôt à travers une approche comparative interrégionale;
2) Les espaces virtuels : les mêmes dimensions seront revisitées en lien avec les usages d’Internet et des réseaux sociaux afin d’explorer comment les jeunes de minorités sexuelles s’approprient et utilisent ces nouveaux médias, tout en comparant aussi selon les caractéristiques de leur milieu résidentiel;
3) Les représentations des espaces géographiques et symboliques : certains quartiers urbains, contemporains ou mémoriels, sont associés à des usages commerciaux, associatifs et résidentiels par les minorités sexuelles et deviennent ainsi investis de significations multiples témoignant de processus d’identification ou de distanciation symbolique qui varient selon les générations LGBTQ.
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