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Laurence Lépine : Cégep de la Gaspésie et des Îles
En collaboration avec le réseau des Alliés, le Centre d'initiation à la recherche et d'aide au développement durable (CIRADD) a mené une consultation dans les six MRC de la Gaspésie et des Îles chez des intervenants œuvrant auprès des personnes LGBT de la région. Afin de mieux cerner les enjeux locaux et de favoriser un dialogue entre spécialistes provenant de professions et de milieux de travail différents, une approche qualitative par carte heuristique, inspirée des méthodes employées en concertation et en développement durable, a été utilisée. La co-construction des cartes heuristiques et leur fusion a permis de dégager trois problématiques majeures communes à la région: l'isolement social, la peur de la divulgation et l'accessibilité des soins de santé et de services sociaux. Quelques disparités entre MRC ont aussi été constatées. Bien que la plupart des problématiques identifiées soient cohérentes avec la littérature sur le sujet, certaines particularités ont été notées, notamment concernant les déplacements vers la ville et la chaîne de confidentialité des services de santé. Les informations obtenues ont mené à la rédaction d'un questionnaire adapté à la réalité LGBT gaspésienne qui sera utilisé dans une enquête quantitative visant à mieux documenter les problématiques spécifiques de la région et à créer de nouveaux outils d'intervention.
Ce colloque propose une exploration multidisciplinaire de thèmes actuels en recherche concernant les enjeux vécus par les jeunes (14-30 ans) de minorités sexuelles en prenant en compte le rapport aux espaces géographiques, symboliques et virtuels. L’expression « minorités sexuelles » réfère à divers groupes minorisés en raison de corps ou d’apparences corporelles, d’orientations sexuelles, d’identités ou de filiation non conformes aux normes culturelles sur la sexualité et le genre, et donc exposés à la stigmatisation et aux discriminations. Elle désigne principalement les jeunes lesbiennes, gais, bisexuels, transsexuels/transgenres et queer (LGBTQ). Les problématiques touchant ces jeunes relèvent d’enjeux spécifiques liés à la fois à l’appartenance à un groupe d’âge, en transition de l’adolescence jusqu’à l’âge adulte, et à une cohorte générationnelle distincte des précédentes en raison des contextes juridiques, sociaux et culturels dans lesquels elle vit. Les études ont, à ce jour, essentiellement porté sur les milieux urbains, négligeant les petites villes et les régions rurales, où les conditions socioculturelles peuvent contribuer à amplifier les difficultés de dévoilement et d’expression publique de l’identité ou des préférences sexuelles. La rareté ou l’absence de réseaux associatifs ou de rencontres et la carence de ressources d’aide dans le domaine de la santé et des services sociaux pourraient contribuer à l’isolement et aux sentiments d’aliénation et de malaise chez ces jeunes. En revanche, l’expansion d’Internet et des médias sociaux ouvre des espaces virtuels accessibles, anonymes et gratuits, dont la fréquentation a des impacts en termes de résilience et de vulnérabilité.
Réunissant des chercheurs émergents et établis du Québec et de la France, ce colloque examine les réalités quotidiennes, sociales, relationnelles et sexuelles de ces jeunes sous trois angles :
1) Les variations régionales : les processus d’affirmation ou de coming out, les expériences conjugales et relationnelles, les comportements et la santé sexuels, la victimisation liée au statut sexuel minoritaire seront considérées tantôt en ressortant des spécificités liées au contexte sociogéographique (p. ex. le milieu rural), tantôt à travers une approche comparative interrégionale;
2) Les espaces virtuels : les mêmes dimensions seront revisitées en lien avec les usages d’Internet et des réseaux sociaux afin d’explorer comment les jeunes de minorités sexuelles s’approprient et utilisent ces nouveaux médias, tout en comparant aussi selon les caractéristiques de leur milieu résidentiel;
3) Les représentations des espaces géographiques et symboliques : certains quartiers urbains, contemporains ou mémoriels, sont associés à des usages commerciaux, associatifs et résidentiels par les minorités sexuelles et deviennent ainsi investis de significations multiples témoignant de processus d’identification ou de distanciation symbolique qui varient selon les générations LGBTQ.
Titre du colloque :