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Médecine prédictive : un nouveau paradigme en santé individuelle, familiale et sociétale?

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Sandrine De Montgolfier : Aix-Marseille Université

Résumé de la communication

La médecine prédictive a pour but d'identifier des êtres humains « à risque » de développer une maladie liée à une anomalie génétique, mais également de connaitre les risques chez de futurs parents de transmission à leur descendance (CCNE, 2003). Ces tests génétiques cachent des enjeux éthiques par la potentielle contradiction entre l'individuel et le bien commun qu'ils développent (Parizeau, 2010). Les résultats mobilisent chez la personne à risque une réflexion profonde sur son statut, sa liberté de savoir ou de ne pas savoir, sur la tension qu'elle développe entre conscience, liberté et destin (Hirsch et al., 2007). Toute atteinte génétique renvoie à la représentation qu'un être humain peut avoir de son histoire. Est-on considéré comme malade? Qu'est-ce qu'une intervention réparatrice? Comment vivre la question du nouvel eugénisme libéral (Gaudillière, 2011)? Ces nouvelles pratiques s'accompagnent d'une injonction à l'autonomie tout en organisant une nouvelle gestion préventive des populations dans laquelle la clinique est au centre des pratiques d'intervention et le point de passage des politiques visant les populations, la gestion collectives des risques et la préservation de la santé publique.

Après avoir discuté de cette tension entre individu et société, nous pourrons ainsi amener un début d'interrogation sur la manière de former les populations à ces nouvelles technologies et ce nouveau paradigme médical en particulier dans le milieu scolaire (Groupe d'études, 2011).

Résumé du colloque

La vie et le vivant intéressent autant les scientifiques que les poètes ou les philosophes. Nos rapports au vivant se construisent, se complexifient et se structurent au fil des expériences, à l’occasion de rencontres ou d’événements vécus en famille, à l’école, au gré de différentes activités auxquelles on accorde diverses significations et valeurs (Bernard, 2014; dell’Angelo, 2008). Par le passé, pour appréhender le « vivant » ou la « vie », différents paradigmes ont été identifiés selon des approches ou des éclairages provenant de plusieurs domaines disciplinaires comme les études philosophiques, épistémologiques, biologiques ou encore anthropologiques, sociologiques et historiques (Canguilhem, 1990; Jacob, 1970; Simard, Harvey & Samson, 2014).

Des avancées scientifiques récentes dans le domaine de la biologie et des biotechnologies ouvrent de nouvelles problématiques en modifiant le noyau (au sens propre comme au figuré) de ce que l’on conçoit comme vivant. Elles conduisent à remettre en question les conceptions de la vie humaine, animale et végétale, et de ses modes de transmission. D’un pays à l’autre, des cadres juridiques sont proposés, des comités d’éthique regroupant diverses disciplines et associations sont mis sur pied, cherchant non seulement la réflexion sur ses enjeux, mais aussi la nécessité de baliser, voire limiter, les pratiques professionnelles entourant le vivant (Parizeau, 2010). Ces questionnements ne concernent pas seulement les spécialistes dans le domaine des sciences du vivant, du droit, de l’économie ou de l’éthique; ils concernent aussi de manière plus générale tous les citoyens et, en particulier, les enseignants qui sont au centre de la situation éducative.

Considérant que vie et vivant sont porteurs d’enjeux importants touchant l’individu comme la société, notre perspective dans ce colloque est d’explorer et d’interroger certains de ces enjeux susceptibles de nourrir la réflexion des acteurs de l’enseignement et d’autres domaines concernés.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 26 mai 2015

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