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Lydie ROCH : UQAR - Université du Québec à Rimouski
La stratégie de développement touristique du Gouvernement du Québec vise notamment à soutenir les activités de valorisation du fleuve Saint-Laurent afin de faire du Québec une destination originale et distincte de l'offre internationale (TQ, 2012). Ainsi, la gestion du tourisme maritime en une activité plus responsable devient un enjeu majeur. Or, des pratiques durables de développement ne peuvent qu'être mises en place sous certaines conditions, dont la perception positive des acteurs (les touristes et les résidents) quant au développement de cette industrie.
L'objectif de cette étude est de proposer un modèle d'identification de la perception des acteurs quant aux impacts du développement touristique. Ce modèle, inspiré de celui de Jurowski, Uysal et Williams (1997), se base sur la théorie de l'échange social (Ap, 1992) dictant que les individus s'engagent dans un processus d'échange lorsqu'ils estiment que les bénéfices de celui-ci sont plus importants que les coûts. Dès lors, leurs attitudes seront positives (Andereck, Valentine, Knopf et Vogt, 2005).
Pour répondre à cet objectif, une démarche qualitative sera privilégiée vue la nature exploratoire de l'étude. Des groupes de discussion seront menés auprès de touristes et de résidents de régions maritimes québécoises. Les résultats permettront de proposer une adaptation du modèle de Jurowski et al. (1997) au contexte maritime, ce qui constitue une contribution significative à la littérature sur le tourisme maritime durable.
La recherche en gestion des ressources a pour but l’étude de l’organisation, de la planification ainsi que de la mise en œuvre des plans et projets des acteurs du secteur maritime. À ce titre, la recherche dans ce secteur est située à la convergence entre les sciences de gestion et l’environnement maritime. Il s’agit donc d’un champ de recherche ouvert sur l’interdisciplinarité en sciences de la gestion et intégrateur des connaissances produites par des champs de recherche complémentaires en sciences de la nature, humaines et sociales. Portée par une petite équipe de professeurs du département des sciences de la gestion de l’UQAR, les premiers travaux de recherche ont été marqués par les préoccupations liées au développement du secteur de la pêche et par les négociations entourant la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, deux préoccupations marquantes des années 1980. Progressivement, d’autres préoccupations se sont ajoutées, telles que le développement des régions maritimes, l’émergence de nouvelles activités comme l’aquaculture et l’intégration de plus en plus importante des préoccupations environnementales, par exemple la prévention de la pollution, l’effet des changements climatiques et l’adaptation qui en découle, le tourisme durable, la valeur des écosystèmes naturels, etc.
La gestion du domaine marin en général génère une problématique particulière : le choix des activités à autoriser, permettre et pérenniser tout en réconciliant la protection de l’environnement, et les intérêts privés et collectifs sous-jacents au développement. Cette dialectique multiforme entre le local et le global, le privé et le public, l’environnement et le développement nous semble encore porteuse de réflexions fécondes en sciences de gestion et est susceptible de fournir des pistes pour l’intégration de ces différentes dimensions dans d’autres champs d’application.