Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Anne Fauré : UQAR - Université du Québec à Rimouski
L'objectif de notre étude est de montrer comment la recherche en gestion des ressources maritimes peut être abordée sous l'angle de l'analyse de l'action publique. Ce regard impose la prise en compte d'une panoplie d'acteurs qui aux côtés de l'État vont contribuer aux politiques publiques de développement durable des mers et littoraux. En effet les OBNL, les organisations privées, les usagés du milieu, les mouvements citoyens sont tous des acteurs dont les connaissances et l'expérience contribuent au développement durable de ces territoires. Notre cadre théorique centré sur l'approche de l'instrumentation (Lascoumes et Le Galès, 2004) de l'action publique nous a permis d'explorer la nature des rapports gouvernants/gouvernés à partir de l'étude du cas du territoire des Iles-de-la-Madeleine. Le territoire madelinot de par son historique lié aux instruments de GIZC et l'arrivée de deux nouveaux usages liés à l'industrie des hydrocarbures, en mer et sur terre, nous a offert un fort potentiel heuristique. Il est toutefois intéressant de remarquer qu'avec le temps et avec des groupes d'acteurs engagés que les instruments se reconfigurent et laissent plus de place à l'expression d'un bien commun alternatif à l'intérêt général. Notre analyse tend à apporter un regard nuancé sur les instruments « traditionnels » de GIZC, mais aussi sur plusieurs nouveaux instruments proposés.
La recherche en gestion des ressources a pour but l’étude de l’organisation, de la planification ainsi que de la mise en œuvre des plans et projets des acteurs du secteur maritime. À ce titre, la recherche dans ce secteur est située à la convergence entre les sciences de gestion et l’environnement maritime. Il s’agit donc d’un champ de recherche ouvert sur l’interdisciplinarité en sciences de la gestion et intégrateur des connaissances produites par des champs de recherche complémentaires en sciences de la nature, humaines et sociales. Portée par une petite équipe de professeurs du département des sciences de la gestion de l’UQAR, les premiers travaux de recherche ont été marqués par les préoccupations liées au développement du secteur de la pêche et par les négociations entourant la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, deux préoccupations marquantes des années 1980. Progressivement, d’autres préoccupations se sont ajoutées, telles que le développement des régions maritimes, l’émergence de nouvelles activités comme l’aquaculture et l’intégration de plus en plus importante des préoccupations environnementales, par exemple la prévention de la pollution, l’effet des changements climatiques et l’adaptation qui en découle, le tourisme durable, la valeur des écosystèmes naturels, etc.
La gestion du domaine marin en général génère une problématique particulière : le choix des activités à autoriser, permettre et pérenniser tout en réconciliant la protection de l’environnement, et les intérêts privés et collectifs sous-jacents au développement. Cette dialectique multiforme entre le local et le global, le privé et le public, l’environnement et le développement nous semble encore porteuse de réflexions fécondes en sciences de gestion et est susceptible de fournir des pistes pour l’intégration de ces différentes dimensions dans d’autres champs d’application.
Thème du colloque :