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Lucile Mineo-Kleiner : UQAR - Université du Québec à Rimouski
En termes de gestion des risques d'érosion et de submersion, la protection par des structures en dur (digues, enrochements…) remporte encore l'adhésion d'une majeure partie de la population. Cependant face aux limites que présentent ces ouvrages, l'idée de la relocalisation de certains enjeux émerge petit à petit. Le travail présenté s'inscrit dans une thèse de doctorat et s'intéresse aux stratégies de relocalisation en France et au Québec. Bien que cette mesure soit encouragée par les gouvernements, sa mise en œuvre au niveau local reste anecdotique. L'objectif est de comprendre pourquoi il existe un tel décalage entre ces échelons décisionnels. En France, le gouvernement a adopté en 2012 la « Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte : vers la relocalisation des activités et des biens ». Par la mise en place d'un projet de territoire, cette stratégie propose de s'affranchir des risques côtiers tout en redynamisant ce territoire. Le suivi de quatre projets, soutenus par le Ministère chargé de l'environnement permet de confronter cette volonté ambitieuse aux réalités du terrain. Au Québec, le sujet n'a pas été abordé avec la même approche. En dehors des mesures prises suite aux tempêtes de 2010, la tentative impulsée par le gouvernement de mettre en place un projet de relocalisation de façon préventive, à Sept-Îles par exemple, n'a pas été suivie au niveau local et n'a donc pas abouti.
S’insérant dans une réflexion plus large sur le développement régional et territorial, ce colloque traite de l’apport de la recherche partenariale aux questions soulevées par les effets des changements climatiques en zones côtières et riveraines. Cette proposition s’inscrit dans le cadre de l’Alliance de recherche universités-communautés–Défis des communautés côtières (ARUC-DCC) de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent à l’heure des changements climatiques, dont les objectifs sont le renforcement des capacités de gouvernance et de résilience des collectivités côtières et riveraines.
Outre les résultats des processus d’accompagnement des collectivités dans l’élaboration de leurs plans d’adaptation, de résilience ou stratégique, nous présenterons les résultats originaux de l’étude longitudinale qui a été lancée par suite des grandes tempêtes de 2010. Cette étude cherche à comprendre les représentations sociales des effets des changements climatiques et environnementaux, et à mesurer les capacités de résilience en termes d’adaptation, d’auto-organisation, d’innovation sociale, d’acceptation, de recouvrement et d’apprentissages collectifs. Couvrant les territoires du Québec et du Nouveau-Brunswick, notre recherche nous permet d’effectuer une comparaison des résultats entre ces deux provinces et, ainsi, de tirer des leçons relatives aux modes de gestion et de gouvernance, et à la recherche partenariale pour traiter des problèmes d’adaptation.
Enfin, dans ce colloque, les fruits de la collaboration entre les chercheurs et les partenaires de terrain (outils, transfert, suivi, bonnes pratiques, etc.) seront présentés aux fins de discussion. Ces échanges permettront de consolider une vision interdisciplinaire des problèmes complexes engendrés par les changements climatiques pour les acteurs et les collectivités locales.
Thème du colloque :