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Raphaelle RAAB : Université Claude-Bernard-Lyon-I
Nous présentons les outils élaborés pour étudier les conditions favorables au processus d'autonomisation scolaire des élèves, en grande section de maternelle française.
Les données, recueillies dans 14 classes lors de 117 demi-journées d'observation directe, sont exploitées à travers l'Analyse par les catégories conceptualisantes. Nous observons des comportements différenciés face aux obstacles dans les activités dites en autonomie : certains élèves entrent dans des conduites d'évitement de l'obstacle ou au contraire, dans des conduites de ressources pour le dépasser et construire de nouvelles connaissances. Nous observons des dynamiques remarquables : certains élèves d'habitude évitants rejoignent parfois des conduites de ressources. L'étude de ces exceptions notables fait émerger des éléments favorables (outils, activités, interactions, dispositifs) ayant permis ces dynamiques. Ces éléments deviennent supposés favorables et sont réinvestis dans des dispositifs expérimentaux pour vérifier s'ils produisent les effets attendus, comment et dans quelles limites.
En nous demandant dans quelle mesure la notion de temps faible contribue à penser le processus d'autonomisation, nous chercherons à mettre en lien les outils conceptuels et pratiques mobilisés dans les dispositifs expérimentaux : comment ces derniers peuvent-ils « être appropriés » par l'élève comme instruments psychologiques, au service d'une activité menée pour soi, de façon consciente et volontaire ?
Si la motivation joue un rôle essentiel et bien compréhensible dans l’intérêt que porte l’apprenant à ses tâches, le rôle de la régulation, fondamentale dans les apprentissages, fait l’objet de moins d’attention. Pourtant, des liens semblent exister entre motivation, persévérance, autorégulation et autonomie, tels qu’ils sont révélés par les préférences d’apprentissage des apprenants (Biggs, 1978; Vermunt, 1998). De même, l’autonomie de l’apprenant semble liée à la persévérance et dépendre largement de la capacité à développer une motivation tout autant qu’une préférence pour l’apprentissage autorégulé (Boekaerts, 2002; Cosnefroy, 2011; Rozendaal, Minnaert et Boekaerts, 2005).
L’autorégulation de l’apprentissage ou la motivation de l’apprenant semblent présentes auprès du jeune enfant. Toutefois, après quelques années de scolarité, nous constatons une baisse importante de motivation et d’autorégulation, voire une perte d’autonomie chez de nombreux élèves. Cette baisse s’accentue encore après quelques années de secondaire et semble liée à un décrochage (Helle, Laakkonen, Tuijula et Vermunt, 2013). Il semblerait donc que certains facteurs inhérents aux dispositifs actuels puissent agir contre une autonomie et une persévérance jugées essentielles par ailleurs. Néanmoins, il reste possible d’intervenir pour augmenter l’autorégulation de l’apprenant et les préférences d’apprentissage en général (Carneiro, Lefrere, Steffens et Underwood, 2011; De Corte, Verschaffel, Entwistle et van Merriënboer, 2003; Vaunas et al., 2013).
Ce colloque se veut une occasion de croiser les regards spécialisés qui existent actuellement sur la persévérance, la motivation, l’autorégulation et l’autonomie de l’apprenant, ainsi que sur les possibilités d’intervention qui existent dans ce champ essentiel à la réussite des études.
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