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Serge Ramel : Haute école pédagogique du canton de Vaud
Ces deux dernières décennies, les recommandations internationales ont fait de l'intégration et de l'inclusion scolaire une thématique prioritaire. Or, les avancées en la matière restant modestes, la formation initiale est perçue comme essentielle pour amener les futurs enseignant‑e‑s pour développer des attitudes ouvertes envers les élèves en situation de handicap ou ayant des besoins éducatifs particuliers.
Notre recherche porte sur deux populations de futurs enseignant‑e‑s en début, au milieu ou en fin de formation. Elles sont composées respectivement de 261 étudiant-e-s se destinant à l'enseignement primaire et de 212 étudiant-e-s se destinant à l'enseignement secondaire. La recherche vise à mettre en évidence l'intervention de leur pensée représentative dans leurs prises de position envers l'intégration scolaire.
Nos résultats montrent que l'objectivation reste essentialiste et se focalise sur les prototypes de situations de handicap les plus médiatisés. Nos résultats font également fait apparaître la faiblesse du dispositif de formation tel que perçu les futurs enseignant‑e‑s. Bien que la formation soit jugée insuffisante par les étudiant‑e‑s, elle oriente néanmoins favorablement leurs prises de position envers l'intégration des élèves concernés. En particulier, une plus grande pratique de stage, si modeste soit-elle, a un effet important sur ces dernières.
L’inclusion scolaire est souvent définie comme une philosophie et un ensemble de pratiques pédagogiques permettant à tous les élèves d’apprendre et de pleinement participer à la vie de l’école. L’inclusion n’est pas une focalisation sur un ou des élèves pour qui le curriculum est adapté et à qui un travail différent ou une assistance supplémentaire sont donnés. Ce ne serait également pas une manière d’assimiler les élèves à besoins spécifiques aux formes scolaires classiques. Il s’agirait plutôt d’un processus (et non un état) dans lequel l’école essaie de répondre aux besoins de tous. L’inclusion scolaire supposerait donc un changement paradigmatique par le transfert à l’école ordinaire des besoins particuliers de l’élève. Ainsi, ces changements ne concerneraient pas uniquement les pratiques des enseignants mais l’ensemble des dimensions scolaires.
Dans le cadre de ce symposium, on traitera des implications relatives à l’émergence de l’inclusion scolaire en utilisant le concept de dispositif (Foucault, 1977; Tremblay, 2012). Une analyse des transformations induites par l’inclusion scolaire sera le point central du colloque pquisque en rapport aux six composantes d’un dispositif : 1) les objectifs et finalités; 2) la population; 3) les ressources (qualité, quantité, organisation); 4) les actions prévues et entreprises; 5) les effets (efficacité, efficience, fiabilité, impacts); et 6) l’espace-temps.
Ces six composantes subissant une transformation profonde seront analysées sous deux axes comparatifs (le temps et l’espace). En ce qui concerne le premier axe, nous analyserons les transformations dans le temps induites par ce passage à l’inclusion scolaire. Pour le second axe, nous nous baserons sur des exemples issus de différents contextes scolaires (Québec, Suisse, Belgique et France) pour illustrer ces transformations. À cet effet, nous nous appuierons sur les résultats de différents travaux menés dans ces pays dans une confrontation des contextes éclairant les enjeux de l’inclusion.
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