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Sivane Hirsch : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Au Québec, 138 écoles religieuses proposent, en plus de l'enseignement du curriculum québécois, un projet éducatif attaché à une religion et aux valeurs qu'elle promeut. C'est le cas entre autres des neuf écoles primaires juives à Montréal qui consacrent en moyenne 10 heures en plus du Programme de formation de l'école québécoise (PFÉQ) par semaine à l'enseignement de la religion juive et de l'hébreu. Pourtant, les directions, le personnel et les parents soutiennent que l'objectif de ce projet éducatif n'est pas tant de transmettre des connaissances, pourtant non négligeables, mais de nourrir un sentiment d'appartenance à la communauté juive, qui s'attache aussi clairement à sa ville, Montréal. Plus encore, ils proposent que les écoles juives les permettent d'éduquer de futurs citoyens engagés d'abord dans leur communauté, puis, en tant que juifs, dans leur société. Après une brève présentation des quatre écoles étudiées dans cette enquête, nous analyserons le discours du personnel de l'école et des parents en accordant une attention particulière à l'articulation complexe entre les deux appartenances qui semblent à priori contradictoires, mais se nourrissent en fait mutuellement. Enfin, nous discuterons du rapport entre exclusion et inclusion qui se dessine à partir de ce portrait des écoles juives pour aborder les différentes manières de considérer les problématiques autour de ces deux notions à l'école.
L’éducation est considérée comme l’une des clés du développement inclusif et durable d’une société. Cependant, les systèmes éducatifs sont traversés par des inégalités persistantes qui peuvent donner lieu à l’exclusion d’apprenants appartenant à certains groupes sociaux minoritaires et ainsi mettre en péril cet idéal inclusif. Bien que le phénomène de l’exclusion puisse être appréhendé sous l’angle de la non-scolarisation de certains élèves ou encore de la non-participation régulière ou continue à un programme scolaire, l’UNESCO (2014) définit l’exclusion sous un angle beaucoup plus large, soit comme « un processus de rupture du lien social, de désaffiliation, au cours duquel l’individu perd peu à peu les liens tissés avec d’autres individus ou des groupes d’individus. L’exclusion se construit par des ruptures successives, elle est rarement totale. » Ainsi, des structures, processus et pratiques éducatives qui ne répondent pas aux réalités et besoins de tous les apprenants peuvent constituer également des formes d’exclusion. Dans ce sens, il devient impératif de reconnaître et d’agir sur les processus qui y mènent, c’est-à-dire de « réduire le nombre de ceux qui sont exclus de l’éducation ou au sein même de l’éducation » (UNESCO, 2009, p. 9). En ce sens, exclusion et inclusion ne sont pas considérées ici comme des phénomènes opposés puisque plusieurs formes d’ostracisme peuvent être observées dans un contexte inclusif. Ainsi, que ce soit dans les politiques et encadrements, les structures éducatives et modèles de services, les pratiques des acteurs du monde de l’éducation entre eux ou envers les apprenants ou encore les relations entre ces derniers, des facteurs de rejet peuvent entraver l’atteinte d’une éducation pour tous. Ceux-ci méritent une attention particulière de la part des chercheurs; toutefois, la recherche en éducation tend à se centrer sur la question de l’inclusion en reléguant au second plan celle de l’exclusion. Ce colloque, coorganisé par l’axe « Éducation et rapports ethniques » du Centre d’études ethniques des universités montréalaises (CEETUM) et le Laboratoire international sur l’inclusion scolaire (LISIS), vise à contribuer à la clarification des défis et enjeux de la recherche autour des thématiques de l’inclusion et de l’exclusion dans les systèmes éducatifs, à partir de multiples regards, et à dégager des pistes d’action pour mieux parvenir à l’inclusion.
Thème du colloque :