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Stéphane Martineau
Cette communication présente les résultats partiels d'une recherche en cours financée par le FRQSC. Ce projet s'inscrit dans la foulée d'un mouvement de fond au Canada visant à mieux comprendre le phénomène du décrochage scolaire et ce, afin de mieux intervenir pour le diminuer. À cet égard, il nous est apparu capital de faire le point sur ce que pensent et font les milieux scolaires.C'est pourquoi, nous avons mené une recension en profondeur de ce qui se fait au Québec. Outre les écrits professionnels et les sites web de différentes commissions scolaires et divers établissements, nous avons réalisé un certain nombre d'entrevues avec les porteurs de dossiers.Nous avons obtenu une synthèse critique permettant de réaliser une sorte de cartographie de ce qui se fait chez les intervenants scolaires. Il ressort ainsi que, si plusieurs milieux présentent un réel souci pour la prise en compte des styles d'apprentissages et de l'apprentissage autorégulé, les conceptions véhiculées reposent rarement – pour ne pas dire jamais - sur des assises scientifiques fortes. Ainsi, les croyances et les savoirs à la base des interventions renvoient le plus souvent à des conceptions dépassées ou encore au sens commun.
Si la motivation joue un rôle essentiel et bien compréhensible dans l’intérêt que porte l’apprenant à ses tâches, le rôle de la régulation, fondamentale dans les apprentissages, fait l’objet de moins d’attention. Pourtant, des liens semblent exister entre motivation, persévérance, autorégulation et autonomie, tels qu’ils sont révélés par les préférences d’apprentissage des apprenants (Biggs, 1978; Vermunt, 1998). De même, l’autonomie de l’apprenant semble liée à la persévérance et dépendre largement de la capacité à développer une motivation tout autant qu’une préférence pour l’apprentissage autorégulé (Boekaerts, 2002; Cosnefroy, 2011; Rozendaal, Minnaert et Boekaerts, 2005).
L’autorégulation de l’apprentissage ou la motivation de l’apprenant semblent présentes auprès du jeune enfant. Toutefois, après quelques années de scolarité, nous constatons une baisse importante de motivation et d’autorégulation, voire une perte d’autonomie chez de nombreux élèves. Cette baisse s’accentue encore après quelques années de secondaire et semble liée à un décrochage (Helle, Laakkonen, Tuijula et Vermunt, 2013). Il semblerait donc que certains facteurs inhérents aux dispositifs actuels puissent agir contre une autonomie et une persévérance jugées essentielles par ailleurs. Néanmoins, il reste possible d’intervenir pour augmenter l’autorégulation de l’apprenant et les préférences d’apprentissage en général (Carneiro, Lefrere, Steffens et Underwood, 2011; De Corte, Verschaffel, Entwistle et van Merriënboer, 2003; Vaunas et al., 2013).
Ce colloque se veut une occasion de croiser les regards spécialisés qui existent actuellement sur la persévérance, la motivation, l’autorégulation et l’autonomie de l’apprenant, ainsi que sur les possibilités d’intervention qui existent dans ce champ essentiel à la réussite des études.
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