Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
William Floch
La géographie a toujours eu un rôle important à jouer dans le développement et l'épanouissement des populations. La présence d'un cours d'eau, de ressources agricoles, de ressources naturelles ou même de reliefs et de paysage récréotouristiques ont une incidence directe sur la capacité des habitants de ces régions de s'épanouir en tant qu'individus et en tant que collectivité. La façon dont une population s'approprie son territoire est aussi intimement liée à sa capacité d'exploiter ses ressources, développer son capital humain et mobiliser ses individus. Tout comme la population francophone du Québec, les communautés d'expression anglaise se sont, tout au long de leur histoire, appropriées une partie du territoire québécois. Ainsi, des facteurs historiques, culturels ou encore économiques ont influencé la disposition géographique de ces communautés. En effet, la distribution de la population d'expression anglaise de la Gaspésie diffère de celle de l'Estrie, tout comme celle du Pontiac diffère de celle de la Basse Côte-Nord. Alors que certaines communautés sont très concentrées à l'intérieur d'une région restreinte, d'autres sont davantage dispersées ou isolées. L'analyse géo-spatiale que nous avons effectuée nous a permis de mettre en lumière une partie des défis auxquels sont confrontées certaines communautés d'expression anglaise du Québec quant à leur capacité de s'organiser, de s'épanouir et de se développer en tant que minorité de langue officielle au Canada.
Les anglophones du Québec, malgré une langue commune, sont divisés en de nombreuses communautés et sous-groupes. Identifier les caractéristiques de ces diverses communautés d’expression anglaise représente alors un défi pour la recherche et l’action publique. En effet, les marqueurs identitaires liés à la langue s’accompagnent souvent d’autres marqueurs parfois plus significatifs pour les individus. Ces marqueurs peuvent être liés au sentiment d’appartenance à un groupe culturel (p. ex. : Irlandais, Pakistanais, Premières Nations, etc.), à une confession religieuse (p. ex. : juive, chrétienne, etc.) ou à un territoire (Montréal, Québec, les régions). La grande variété de situations de ces communautés est aussi attribuable à leur présence historique, ou pas, au Québec. Cette présence joue sur la force de leurs institutions, la visibilité de leurs représentants et, à travers ces derniers, sur les possibilités de dialogue avec la majorité francophone.
Malgré la complexité d’établir des critères définissant de façon univoque ces communautés, une grande tendance se dessine : celle d’une disparité toujours plus grande au fil des ans entre les anglophones de Montréal et ceux hors de la métropole. Jusqu’à maintenant, la majorité de la recherche s’est penchée sur la région montréalaise, où l’on retrouve plus de 80 % des anglophones du Québec. Notre colloque innove donc en se penchant plus spécifiquement sur les défis et les enjeux entourant le fait d’appartenir à une communauté d’expression anglaise loin de cette masse critique. Ces défis et ces enjeux touchent, entre autres, le maintien d’institutions, la capacité de se mobiliser en tant que communauté, la rétention des jeunes qui migrent vers Montréal ou d’autres villes canadiennes, l’attraction d’immigrants et l’accès à des services en anglais garantis par les lois fédérale et provinciale. Les présentations à notre colloque aborderont plusieurs de ces enjeux. L’objectif est d’offrir un meilleur portrait des communautés d’expression anglaise implantées en région et de générer une lecture critique et actuelle de leur situation.
Ce colloque est organisé par le Réseau de recherche sur les communautés québécoises d’expression anglaise et l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques.
Le colloque sera suivi d’un après-midi à Métis-sur-Mer afin d’y découvrir son patrimoine et ses institutions anglophones. Une visite guidée des Jardins de Métis est prévue, suivie d’un cocktail aux bureaux de Heritage Lower Saint Lawrence. Ce sera l’occasion de découvrir les réalités de la communauté d’expression anglaise du Bas-Saint-Laurent dans un cadre enchanteur en bord de mer. Un souper aura également lieu pour ceux qui souhaitent rester après le cocktail. L’inscription pour ces activités se fera lors du colloque (transport et frais d’admission aux Jardins non inclus). Informations : acfas2015@gmail.com.
Comité scientifique : Cheryl Gosselin, Paul Zanazanian et les organisateurs du colloque
Thème du colloque :