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Sophia ROUSSEAU-MERMANS : Université de Montréal
Pour Norton (1994), l'intégration fonctionnelle des écosystèmes justifie une «hypothèse de convergence » entre les intérêts humains et les intérêts des écosystèmes (Norton 1994). A partir de travaux en écologie des communautés et des écosystèmes sur les différents types de relations biologiques et écologiques présentes dans la nature (par ex. : Paine 1966, 1969 ; Maser, Guichard et McCann 2007), il sera démontré que :
(i)au niveau théorique, l'intégration des écosystèmes ne suffit pas à justifier l'hypothèse deconvergence entre les intérêts de ces derniers et les intérêts humains.
(ii)au niveau empirique, il existe des cas paradigmatique de tensions entre intérêts humains et intérêts écologiques qui viennent renforcer (i).
(iii)Une approche pragmatique de la protection de la nature ne suffit pas à défendre les intérêts des systèmes écologiques face aux intérêts humains, et par conséquent ne suffit pas non plus à remettre en cause la pertinence d'une réflexion éthique sur nos rapports à l'environnement.
L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.
Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.
Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.
Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.