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Guillaume Ouellet : Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales / UQAM
Avec la volonté de dépasser l'approche centrée sur la gestion des populations dysfonctionnelles pour adopter une approche centrée sur l'accompagnement d'individus composant avec des difficultés, les dispositifs de régulation pénale, psychiatrique et psychosociale s'actualisent sous un nouveau jour. Ces dispositifs, anciennement dédiés à la gestion des indigents, des criminels ou des aliénés, appréhendent désormais l'individu à partir de ses statuts multiples, de ses besoins complexes, de ses problématiques singulières. Dès lors, l'institut psychiatrique, la prison ou le refuge d'hébergement, ne sont plus présentés comme autant des lieux de mise à l'écart de catégories sociales problématiques, mais bien comme des mécanismes d'accompagnement dédiés à des individus en quête d'autonomie. Dans le cadre de cette présentation, à partir du discours d'intervenants impliqués dans la régulation de personnes présentant une déficience intellectuelle, nous mettrons en lumière les points de convergences et de divergences qui s'exercent entre les dispositifs de régulation déployés autour d'individus dits problématiques. Au gré des tensions, des tentatives d'hybridation et des contradictions dans la régulation, nous verrons en quoi les pratiques d'intervention se développent à travers une synthèse incomplète entre « l'ancienne » et la « nouvelle » conception de l'individu.
Ce colloque propose un espace de réflexion visant à rendre compte des multiples angles d’analyses, de conceptualisations, de régulations et de représentations des problèmes sociaux contemporains. Champ en perpétuel renouvellement dont les grammaires sociales, thérapeutiques, scientifiques et politiques expriment autant de manières différentes d’aborder la consistance et les frontières du social.
Nous cherchons à mettre l’accent sur les espaces et les moments où, insaisissable, ce qui pose problème ne peut se résumer simplement. Jamais vraiment fou, jamais vraiment toxicomane ou en aucun cas jamais vraiment déviant, l’individu reste au final toujours garant de sa trajectoire propre évoluant dans les limites du social. C’est ainsi que l’épreuve de la normativité sociale, hybride entre souffrance et déviance, constitue le point d’ancrage entre l’individu et la cité.
En se questionnant sur les zones grises de ce qui pose problème, ce colloque vise à :
1) interroger les représentations de la déviance et de la normativité au carrefour du mental, du social et du judicaire;
2) réfléchir au renouvellement des institutions de prise en charge et d’intervention;
3) définir dans quelle mesure un changement des pratiques peut amener un changement des concepts et réciproquement;
4) déterminer les conditions de singularisation et de subjectivisation des trajectoires individuelles mise à l’épreuve.
Thème du colloque :