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Liliane Mbazogue Owono : Université Laval
L'intégration scolaire de contenus d'enseignement liés à des questions de société vives ou sensibles telles celles du vivant est l'aboutissement d'un processus complexe de tensions et de négociations entre différents acteurs et actrices aux intérêts variés. C'est le cas des biotechnologies et des questions relatives à la santé qui soulèvent des enjeux sociaux, éthiques et culturels se répercutant dans la recherche et dans l'enseignement des sciences (Callon et al., 2001). Au regard de la diversité de ces enjeux et des controverses afférentes, certaines approches d'enseignement recommandent d'intégrer de telles questions dans une perspective citoyenne (Fourez, 2002). D'où la nécessité d'adopter des méthodes de recherche conformes à leur spécificité, c'est-à-dire celles pouvant faire émerger la pluralité de postures dans l'analyse des points de vue d'enseignants et enseignantes de sciences.
Le recours à des méthodes relevant de l'interactionnisme symbolique semble approprié. Adoptée depuis quelques décennies au champ de l'éducation, cette perspective permet de comprendre la ‘réalité sociale' du point de vue des acteurs et actrices concernés, c'est-à-dire selon leurs représentations et leurs expériences socialement situées (Chapoulie, 2001).
Les démarches du focus group et des récits de vie, objet de cet exposé, aboutiront à la compréhension de positions consensuelles, divergentes et complémentaires et à celle de la genèse des points de vue (Bernard, 2013 ; Mbazogue-Owono, 2014).
La vie et le vivant intéressent autant les scientifiques que les poètes ou les philosophes. Nos rapports au vivant se construisent, se complexifient et se structurent au fil des expériences, à l’occasion de rencontres ou d’événements vécus en famille, à l’école, au gré de différentes activités auxquelles on accorde diverses significations et valeurs (Bernard, 2014; dell’Angelo, 2008). Par le passé, pour appréhender le « vivant » ou la « vie », différents paradigmes ont été identifiés selon des approches ou des éclairages provenant de plusieurs domaines disciplinaires comme les études philosophiques, épistémologiques, biologiques ou encore anthropologiques, sociologiques et historiques (Canguilhem, 1990; Jacob, 1970; Simard, Harvey & Samson, 2014).
Des avancées scientifiques récentes dans le domaine de la biologie et des biotechnologies ouvrent de nouvelles problématiques en modifiant le noyau (au sens propre comme au figuré) de ce que l’on conçoit comme vivant. Elles conduisent à remettre en question les conceptions de la vie humaine, animale et végétale, et de ses modes de transmission. D’un pays à l’autre, des cadres juridiques sont proposés, des comités d’éthique regroupant diverses disciplines et associations sont mis sur pied, cherchant non seulement la réflexion sur ses enjeux, mais aussi la nécessité de baliser, voire limiter, les pratiques professionnelles entourant le vivant (Parizeau, 2010). Ces questionnements ne concernent pas seulement les spécialistes dans le domaine des sciences du vivant, du droit, de l’économie ou de l’éthique; ils concernent aussi de manière plus générale tous les citoyens et, en particulier, les enseignants qui sont au centre de la situation éducative.
Considérant que vie et vivant sont porteurs d’enjeux importants touchant l’individu comme la société, notre perspective dans ce colloque est d’explorer et d’interroger certains de ces enjeux susceptibles de nourrir la réflexion des acteurs de l’enseignement et d’autres domaines concernés.
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