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Romain Paumier : Université de Montréal
Volonté de mise en relation efficiente et systématique de structures, d'acteurs et d'institutions sociales et sanitaires, l'intégration des services en toxicomanie cherche à combler certains manques des interventions de premières et de secondes lignes par la pluralisation des techniques, des savoir-faire et des expertises.
Elle possède des enjeux et objectifs définis: rationnaliser l'offre de soins et de services, fluidifier les trajectoires individuelles dans le continuum de soin, limiter le non-recours et l'invisibilité partielle des publics cibles. Mais aussi quelques paradoxes: d'une part les équipes et les structures d'intervention sont déjà pluridisciplinaires et offrent déjà accès à une pluralité de services (en interne ou à l'externe par le référencement et l'accompagnement). D'autre part, cela soulève la compatibilité concrète entre un meilleur suivi des usagers et l'approche globale de la réduction des méfaits, basée sur une personnalisation du contenu et des temporalités de l'intervention aux volontés des individus.
Si faire état d'un besoin d'intégration des services revient à reconnaitre leur complémentarité, c'est aussi un positionnement sur la finitude de l'intervention sociale et de ses mandats. À ce titre, elle renseigne sur les limites de l'intervention (soit ce à quoi elle ne peut répondre), et permet un angle d'analyse pertinent de la tension entre réponse sociael et réponse médicale dans le champ de la toxicomanie.
Ce colloque propose un espace de réflexion visant à rendre compte des multiples angles d’analyses, de conceptualisations, de régulations et de représentations des problèmes sociaux contemporains. Champ en perpétuel renouvellement dont les grammaires sociales, thérapeutiques, scientifiques et politiques expriment autant de manières différentes d’aborder la consistance et les frontières du social.
Nous cherchons à mettre l’accent sur les espaces et les moments où, insaisissable, ce qui pose problème ne peut se résumer simplement. Jamais vraiment fou, jamais vraiment toxicomane ou en aucun cas jamais vraiment déviant, l’individu reste au final toujours garant de sa trajectoire propre évoluant dans les limites du social. C’est ainsi que l’épreuve de la normativité sociale, hybride entre souffrance et déviance, constitue le point d’ancrage entre l’individu et la cité.
En se questionnant sur les zones grises de ce qui pose problème, ce colloque vise à :
1) interroger les représentations de la déviance et de la normativité au carrefour du mental, du social et du judicaire;
2) réfléchir au renouvellement des institutions de prise en charge et d’intervention;
3) définir dans quelle mesure un changement des pratiques peut amener un changement des concepts et réciproquement;
4) déterminer les conditions de singularisation et de subjectivisation des trajectoires individuelles mise à l’épreuve.
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