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Sükran Tipi : Université Laval
Un des défis les plus sous-estimés en ce qui a trait aux projets de développement dans le Moyen-Nord et le Nord québécois consiste en une meilleure connaissance de la relation qu'entretiennent les nations autochtones avec leur territoire ancestral. Cette proposition souhaite livrer les premiers résultats d'une enquête sur la territorialité des Pekuakamiulnuatsh, qui ne semble pas pouvoir être réduite uniquement à des données d'occupation du territoire. Visant à démontrer que le rapport au territoire comporte également l'expression d'un savoir-être et d'un système de valeurs qui se négocieraient constamment entre ancestralité et modernité, cette enquête révèle au passage comment certaines formes d'expression linguistique acquièrent une signification sociale de par leur usage dans l'interaction verbale. Dans le cadre d'une recherche collaborative avec la communauté de Mashteuiatsh basée sur les Principes PCAP des Premières Nationsmd, le projet présenté tente de répondre entre autres à des questions inspirées par les domaines de la géographie culturelle et de l'anthropologie linguistique : Quelles sont les moyens linguistiques dont se servent les Pekuakamiulnuatsh pour exprimer leur rapport au territoire? Quels sont les facteurs culturels et contextuels qui influent sur leur choix d'utilisation de certaines désignations de l'espace ou de toponymes en langue innue?
Bien que difficile à délimiter précisément, le Nord québécois est un immense territoire qui couvre plus des deux-tiers de la superficie de la province. Très peu peuplé et largement méconnu, ce milieu physique et humain contient des paysages, des ressources et des écosystèmes uniques, accueillant à la fois des cultures ancestrales et de nouvelles populations. Que l’on soit enthousiaste ou sceptique face au Plan Nord du gouvernement québécois, il n’en demeure pas moins que cette politique de développement a mis en branle un renouveau d’intérêt à l'égard de ce milieu géographique singulier.
Mais doit-on d’emblée parler d’un milieu ou des milieux géographiques de l’espace nordique péninsulaire? En effet, l’existence de la région administrative du Nord-du-Québec cache une réalité régionale des plus diversifiées incluant les territoires du Moyen-Nord. Ainsi, il y a de grandes différences entre l’Eeyou Istchee-Jamésie, le Nunavik et les corridors miniers de la Côte-Nord. Cette complexité régionale ne doit pas faire oublier les enjeux communs tels que l’isolement, les problèmes de transport et les services publics limités. Le Nord québécois, c’est aussi un milieu social où les autochtones (Inuit, Cris, Innus et Naskapis) sont très présents, voire majoritaires au sein de plusieurs collectivités.
Plusieurs défis se présentent dans le Nord québécois : des défis « géotechniques » liés à la construction et au maintien d’infrastructures en milieu soumis au pergélisol et aux changements climatiques, des défis environnementaux associés aux grands barrages ou aux exploitations minières, et des défis socioéconomiques se répercutant sur l’emploi et le bien-être au sein des collectivités. Dans ce contexte, plusieurs phénomènes restent à expliquer et de nombreuses questions sont à débattre afin de mieux comprendre le Nord québécois, qu’on le perçoive comme un milieu de vie à consolider, une nature sauvage à préserver ou un gigantesque bassin de ressources à exploiter.
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