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Marie-José Nollet
Les séismes représentent un risque naturel important en zones sismiquement actives et densément peuplées. Les dommages dus aux séismes entraînent des pertes sociales et économiques souvent importantes. Ce constat confirme la nécessité d'évaluer la performance sismique des bâtiments existants et le risque associé, et ainsi, fournir aux gestionnaires et décideurs l'information requise pour mieux mitiguer les risques aux installations et à la population et planifier les mesures d'urgence. L'étude du risque sismique en milieu urbain repose sur l'estimation des dommages aux bâtiments et doit répondre aux questions suivantes: (1) Pour un scénario sismique donné (aléa), quelle est l'intensité de la demande sismique au site? (2) Pour cette intensité, quel est le déplacement structural attendu des bâtiments de l'inventaire? (3) Quel est le degré de dommage causé par ce déplacement et quelle est la probabilité de l'atteindre? Et, (4) quelles sont les pertes économiques et/ou sociales associées à ce degré de dommage? Les fonctions de fragilité permettent de répondre à ces questions en corrélant l'intensité sismique aux dommages attendus dans un cadre probabiliste. Cette présentation résumera la procédure générale pour l'estimation des dommages aux bâtiments pour un scénario de séisme en mettant l'accent sur les bâtiments en maçonnerie et sur les analyses de fragilité. La procédure sera illustrée par une étude de cas en milieu urbain pour 16000 bâtiments de la Ville de Québec.
Pour une plus grande résilience des collectivités au Québec
Les risques naturels sont omniprésents dans notre monde en changement, un fait confirmé par les événements des dernières décennies au Québec comme ailleurs dans le monde. Le passage de la tempête Arthur au mois de juillet 2014 sur le pourtour de la Gaspésie est un exemple récent d’aléa ayant généré des dommages de plusieurs millions de dollars aux infrastructures routières du village de Marsoui, notamment, lequel se remet encore de l’impact de la tempête dans le cœur du village. De plus, non seulement les aléas naturels surviennent naturellement, mais il semble que leur fréquence et leur amplitude changent avec l’évolution du climat, ce qui rend caduque la perception selon laquelle il est possible de les contrôler.
Dans la mouvance de cette prise de conscience, l’Organisation des Nations unies a lancé en 2005 la Stratégie internationale de prévention des catastrophes (SIPC), dont le principal objectif est de prendre en considération la notion de risque à l’échelle de la planète. Au Québec, par suite de la crise du verglas de janvier 1998, le ministère de la Sécurité publique a mis en place en 2001 la Loi sur la sécurité civile dans le but de rendre les collectivités plus résilientes. En mars 2014, il a adopté la Politique québécoise de sécurité civile 2014-2024, dont la résilience des collectivités constitue le cœur. Cette politique offre un cadre législatif renouvelé à l’égard des risques et de la réponse des autorités et des collectivités à ces derniers.
Il apparaît extrêmement pertinent, tant du point de vue de la recherche universitaire que dans l’optique d’arrimer cette recherche à la mise en œuvre de politiques publiques efficaces, de mettre en relation les différents intervenants concernés.
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