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Jean-françois Desbiens : Université de Sherbrooke
Les formules pédagogiques adoptées en classe ont un impact sur l'attention et l'ennui ressentis par les étudiants ainsi que sur la perception de l'utilité de l'activité, de leur compétence dans celle-ci et de la contrôlabilité de la tâche. L'objectif de cette communication est d'approfondir notre compréhension de l'influence des formules pédagogiques employées en classe sur l'engagement et la motivation des étudiants. L'étude a été menée auprès de 695 étudiants universitaires (génie, réadaptation, activité physique). Les données ont été collectées à l'aide de questionnaires et d'observations vidéoscopiques répétées. Elles ont été analysées à l'aide de statistiques descriptives et comparatives. Les résultats montrent que l'exposé oral est la formule pédagogique la plus utilisée dans tous les programmes (M = 56,63 %) suivie de l'approche par problème (M = 12,41 %) et de l'enseignement par les pairs (M = 9,10 %). L'exposé oral est associé négativement et significativement aux déterminants internes et aux manifestations de la motivation ainsi qu'aux perceptions des comportements d'interaction des enseignants. Toutefois, il ressort que les patrons d'association entre les variables précitées peuvent être modifiés selon que l'analyse procède à partir de la proportion du temps d'utilisation des formules pédagogiques ou du nombre total d'épisodes d'utilisation. Cette observation soulève des questions d'ordre méthodologique et théorique qui seront débattues lors du colloque.
Si la motivation joue un rôle essentiel et bien compréhensible dans l’intérêt que porte l’apprenant à ses tâches, le rôle de la régulation, fondamentale dans les apprentissages, fait l’objet de moins d’attention. Pourtant, des liens semblent exister entre motivation, persévérance, autorégulation et autonomie, tels qu’ils sont révélés par les préférences d’apprentissage des apprenants (Biggs, 1978; Vermunt, 1998). De même, l’autonomie de l’apprenant semble liée à la persévérance et dépendre largement de la capacité à développer une motivation tout autant qu’une préférence pour l’apprentissage autorégulé (Boekaerts, 2002; Cosnefroy, 2011; Rozendaal, Minnaert et Boekaerts, 2005).
L’autorégulation de l’apprentissage ou la motivation de l’apprenant semblent présentes auprès du jeune enfant. Toutefois, après quelques années de scolarité, nous constatons une baisse importante de motivation et d’autorégulation, voire une perte d’autonomie chez de nombreux élèves. Cette baisse s’accentue encore après quelques années de secondaire et semble liée à un décrochage (Helle, Laakkonen, Tuijula et Vermunt, 2013). Il semblerait donc que certains facteurs inhérents aux dispositifs actuels puissent agir contre une autonomie et une persévérance jugées essentielles par ailleurs. Néanmoins, il reste possible d’intervenir pour augmenter l’autorégulation de l’apprenant et les préférences d’apprentissage en général (Carneiro, Lefrere, Steffens et Underwood, 2011; De Corte, Verschaffel, Entwistle et van Merriënboer, 2003; Vaunas et al., 2013).
Ce colloque se veut une occasion de croiser les regards spécialisés qui existent actuellement sur la persévérance, la motivation, l’autorégulation et l’autonomie de l’apprenant, ainsi que sur les possibilités d’intervention qui existent dans ce champ essentiel à la réussite des études.
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