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Francis Bonnier Roy : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Depuis déjà quelques années, le ministère des Transports du Québec (MTQ) et la municipalité de L'Isle-aux-Coudres sont préoccupés par les risques de submersion et d'érosion de la route qui ceinture l'île. Des travaux d'enrochements ont été réalisés sur 2,5 km de berges par le MTQ à l'automne 2014 pour protéger la route. Cette solution est la plus utilisée jusqu'à maintenant au Québec pour réduire le recul du littoral, mais son efficacité à réduire les risques côtiers et ses effets sur l'environnement sont rarement quantifiés. Une analyse est en cours pour évaluer s'il y aura un abaissement du profil de la plage devant les ouvrages, une augmentation de l'érosion à leurs extrémités (effets de bout) et une dégradation des herbiers à spartine. Ces modifications pourraient augmenter le risque de submersion. Afin de quantifier et évaluer les effets des enrochements, l'évolution rétrospective du littoral est effectuée par photo-interprétation, un suivi saisonnier à l'aide d'un LiDAR et des mesures de niveaux d'eau et des vagues sont réalisés et des images sont acquises à l'aide de caméras de suivi. Cette approche globale permettra d'évaluer l'efficacité des enrochements à réduire le risque d'érosion et de submersion et leurs conséquences environnementales.
Pour une plus grande résilience des collectivités au Québec
Les risques naturels sont omniprésents dans notre monde en changement, un fait confirmé par les événements des dernières décennies au Québec comme ailleurs dans le monde. Le passage de la tempête Arthur au mois de juillet 2014 sur le pourtour de la Gaspésie est un exemple récent d’aléa ayant généré des dommages de plusieurs millions de dollars aux infrastructures routières du village de Marsoui, notamment, lequel se remet encore de l’impact de la tempête dans le cœur du village. De plus, non seulement les aléas naturels surviennent naturellement, mais il semble que leur fréquence et leur amplitude changent avec l’évolution du climat, ce qui rend caduque la perception selon laquelle il est possible de les contrôler.
Dans la mouvance de cette prise de conscience, l’Organisation des Nations unies a lancé en 2005 la Stratégie internationale de prévention des catastrophes (SIPC), dont le principal objectif est de prendre en considération la notion de risque à l’échelle de la planète. Au Québec, par suite de la crise du verglas de janvier 1998, le ministère de la Sécurité publique a mis en place en 2001 la Loi sur la sécurité civile dans le but de rendre les collectivités plus résilientes. En mars 2014, il a adopté la Politique québécoise de sécurité civile 2014-2024, dont la résilience des collectivités constitue le cœur. Cette politique offre un cadre législatif renouvelé à l’égard des risques et de la réponse des autorités et des collectivités à ces derniers.
Il apparaît extrêmement pertinent, tant du point de vue de la recherche universitaire que dans l’optique d’arrimer cette recherche à la mise en œuvre de politiques publiques efficaces, de mettre en relation les différents intervenants concernés.
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