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Luc Bouthillier
La gouvernance est une notion plurielle. Cela porte à confusion. La gouvernance territoriale semble la plus appropriée pour aborder le rôle que peuvent tenir les nations autochtones dans la gestion des forêts québécoises. Toutefois, cette approche tient de la soft law, un ensemble de règles et d'engagements qui n'induit pas de contraintes légales dans sa mise en œuvre. Elle repose sur un dialogue civique menant à des visions communes quant à la manière d'habiter le territoire, d'en tirer du bois, des services environnementaux ainsi que des contributions esthétiques et spirituelles. Cette gouvernance est dite polycentrique puisqu'elle appelle à revoir le processus décisionnel par la synchronisation d'acteurs aux intérêts variés. Son succès est donc conditionnel à une démarche d'apprentissage social qui gagne à être explicitée. Les attributs d'une «bonne» gouvernance territoriale sont à prendre en considération pour ce faire. En particulier, ceux définissant la fonctionnalité et l'imputabilité d'un mécanisme de gouvernance sont éclairants. À cet égard, les exigences de la Loi sur l'aménagement durable du territoire forestier sont riches de promesses auxquelles l'épreuve des faits et du temps appelle à des attentes plus modestes au sujet des enjeux autochtones, surtout dans le contexte où les structures de décentralisation sont révisées au Québec.
L’étude de la participation des Premières Nations dans le secteur forestier canadien a connu des avancées considérables au cours de la dernière décennie, ouvrant ainsi de nouvelles possibilités d’analyse comparative aux chercheurs. Ce colloque, faisant suite aux colloques semblables tenus aux congrès de 2010 et 2013, vise à examiner les tendances de l’évolution du rôle de Premières Nations dans la gestion des territoires forestiers. Nous notons particulièrement la diversité des formes que peut prendre cette participation ainsi que leurs défis et leurs opportunités, de même que plusieurs dynamiques sociales observées au sein même de ces nouvelles pratiques. De plus, nous remarquons une diversité des méthodologies et une reconnaissance de l’importance des équipes et des approches multidisciplinaires.
Ce colloque explorera la participation autochtone à la gestion du territoire forestier, défini comme espace naturel, institutionnel et procédural où les Premières Nations et les agents étatiques et industriels tentent de négocier les termes d’une collaboration. Les modes participatifs de gestion du territoire n’existent pas indépendamment les uns des autres, et nous voyons émerger diverses stratégies pour souligner les valeurs autochtones, notamment face à ceux de l’État et de l’industrie. Les conférenciers à ce colloque s’intéresseront à mieux comprendre ces articulations à partir de données empiriques détaillant l’évolution des formes de participation pour une communauté ou une nation donnée, ou encore en traitant des rapports qui existent entre divers processus contemporains impliquant cette communauté ou cette nation. En outre, il sera question des processus consultatifs, de la cogestion, de la certification forestière, de l’entrepreneuriat forestier autochtone et des démarches juridiques de revendication et d’affirmation des droits des Premières Nations.