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Marie-Paule Vannier
Nous proposons de décrire et de comprendre l'impact d'un dispositif d'inclusion impliquant un partenariat avec un service spécialisé dans la prise en charge de la déficience visuelle. Le cas de l'inclusion d'une élève malvoyante bénéficiant d'un tel dispositif collaboratif, a fait l'objet d'un mémoire universitaire soutenu en 2014 par Elodie Bidou, alors étudiante en Master 2 ASH et par ailleurs, enseignante spécialisée au sein d'un Service d'Aide à l'Acquisition de l'Autonomie et à la Scolarisation (SAAAS). Il s'agissait d'étudier l'impact d'une mise en œuvre du projet personnalisé de scolarisation (PPS), organisant la collaboration entre l'école et un service spécialisé, sur le développement professionnel de l'enseignante de classe (PE) au profit de tous les élèves. Cette étude étaye notre propos. Le cœur de notre exposé s'attardera sur la méthodologie adoptée pour rendre compte du développement professionnel compris comme un processus d'accroissement du pouvoir d'agir (Clot, 2008). En didactique professionnelle, l'analyse de l'activité en situation de travail est première et les méthodologies d'auto-confrontation invitent le professionnel à une prise de conscience des compétences mises en œuvre dans l'action. L'étude témoigne de l'évolution des gestes de PE dans un double mouvement d'adaptation qui invite à (re)considérer la collaboration au cœur du dispositif comme un puissant levier de changement des pratiques scolaires au service d'une école inclusive.
L’inclusion scolaire est souvent définie comme une philosophie et un ensemble de pratiques pédagogiques permettant à tous les élèves d’apprendre et de pleinement participer à la vie de l’école. L’inclusion n’est pas une focalisation sur un ou des élèves pour qui le curriculum est adapté et à qui un travail différent ou une assistance supplémentaire sont donnés. Ce ne serait également pas une manière d’assimiler les élèves à besoins spécifiques aux formes scolaires classiques. Il s’agirait plutôt d’un processus (et non un état) dans lequel l’école essaie de répondre aux besoins de tous. L’inclusion scolaire supposerait donc un changement paradigmatique par le transfert à l’école ordinaire des besoins particuliers de l’élève. Ainsi, ces changements ne concerneraient pas uniquement les pratiques des enseignants mais l’ensemble des dimensions scolaires.
Dans le cadre de ce symposium, on traitera des implications relatives à l’émergence de l’inclusion scolaire en utilisant le concept de dispositif (Foucault, 1977; Tremblay, 2012). Une analyse des transformations induites par l’inclusion scolaire sera le point central du colloque pquisque en rapport aux six composantes d’un dispositif : 1) les objectifs et finalités; 2) la population; 3) les ressources (qualité, quantité, organisation); 4) les actions prévues et entreprises; 5) les effets (efficacité, efficience, fiabilité, impacts); et 6) l’espace-temps.
Ces six composantes subissant une transformation profonde seront analysées sous deux axes comparatifs (le temps et l’espace). En ce qui concerne le premier axe, nous analyserons les transformations dans le temps induites par ce passage à l’inclusion scolaire. Pour le second axe, nous nous baserons sur des exemples issus de différents contextes scolaires (Québec, Suisse, Belgique et France) pour illustrer ces transformations. À cet effet, nous nous appuierons sur les résultats de différents travaux menés dans ces pays dans une confrontation des contextes éclairant les enjeux de l’inclusion.
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