Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Ugo Gilbert Tremblay : Université de Montréal
Dans le cadre de ce colloque, je me propose de restituer les grandes lignes de la critique spinozienne du concept de volonté tout en soulignant le déplacement du regard que cette critique implique au regard de notre conception moderne – à dominante kantienne – du phénomène moral. Tout l'enjeu de mon propos consistera à rappeler comment Spinoza s'attèle à jeter un soupçon radical sur le soi-disant sentiment que nous avons de notre liberté. Nous verrons que toute la puissance philosophique de Spinoza consiste à faire passer pour une entité inconsistante et contre-intuitive ce qui jusqu'alors – de saint Augustin jusqu'à Descartes – se donnait ni plus ni moins comme un fait d'expérience, comme une réalité claire et distincte qu'il eût été inopportun de déclarer sujette à caution. Dans une lettre fameuse à Schuller, Spinoza compare l'homme à une pierre et explique que si la pierre, une fois lancée, devenait consciente de son mouvement, il en résulterait qu'elle clamerait fièrement sa liberté de se mouvoir et qu'elle ne manquerait pas de se croire à l'origine de son mouvement. Par-delà le caractère pour le moins profanatoire d'une telle comparaison, mon but sera d'éclairer les arguments qui la fondent et qui permettent à Spinoza de réduire la notion de volonté au rang d'une illusion engendrée par le fait que nous sommes conscients, d'une part, des désirs qui nous traversent tout en étant ignorants, d'autre part, de la multiplicité irréductible des causes qui déterminent nos désirs.
L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.
Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.
Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.
Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.
Titre du colloque :